"The Handmaid’s Tale" : on a rencontré le le showrunner Bruce Miller "The Handmaid’s Tale" : on a rencontré le le showrunner Bruce Miller

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"The Handmaid’s Tale" : le créateur Bruce Miller raconte les secrets de fabrication de la saison 2 par Emilie Semiramoth

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Publié le Vendredi 8 Juin 2018

Alors que la saison 2 de "The Handmaid's Tale" – actuellement en diffusion en US +24 sur OCS Max – continue de nous glacer d'effroi, nous avons rencontré Bruce Miller, son créateur, lors de son passage à Paris. Il nous en dit plus sur ses secrets de fabrication et son travail avec Margaret Atwood, l'auteure de "La Servante écarlate" dont est adaptée la série.

La première saison a connu un succès tonitruant. Est-ce que cela a changé votre approche dans l'écriture de la saison 2 ?
Oui et non. La plus grande difficulté pour réussir cette saison 2 était d’être à la hauteur de l'attente après le succès de la première saison de The Handmaid's Tale. Il m'a fallu un petit moment pour me défaire de cette pression et me dire qu'il fallait simplement continuer à faire ce que l'on sait bien faire. D'une certaine manière, je dois dire que je n'étais pas surpris par le succès de la saison 1 – bien sûr son retentissement a été bien plus important que ce que j'avais pu anticiper – mais l'histoire était déjà un best-seller. On a essayé de donner vie à ce roman, de donner la sensation à ses lecteurs – depuis 30 ans que le livre existe – qu'ils étaient en train de revivre ce qu'ils avaient déjà ressenti à la lecture. Et bien sûr cette écriture est influencée par les craintes et menaces actuelles, vu le contexte politique et ses changements récents. Et croyez-moi, j'aurais nettement préféré que ce ne soit que de la fiction.

Est-ce que vous aviez déjà la saison 2 en tête lorsque vous avez commencé à travailler sur la série ?
Depuis le début, il a toujours été question (en cas de succès) d'aller au-delà de la première saison et donc au-delà de la fin du livre puisque la saison 1 et le livre s'achèvent au même moment. Il n'a jamais été question d'en faire une mini-série. D'autant plus que l'univers du roman est tellement riche et sa fin tellement frustrante ! Ça a été génial d'imaginer une suite parce que, depuis que je l'ai lu à l'université, j'ai toujours voulu savoir ce qu'il allait se passer après. Donc Margaret Atwood et moi avons commencé à en discuter au milieu de la première saison. Et nous avons reproduit ce même processus au cours de la saison 2. Je pense que si j'amorce trop tôt la fin de saison, le public sera en mesure de deviner où je vais. Pire encore, mes enfants seront capables de deviner où la série se dirige. Ils regardent des centaines de shows par jour. Et à partir de l'angle de la caméra, de la lumière, ils savent déjà ce qu'il va advenir. Donc la plupart du temps, j'essaie juste de les semer ! (rires). Ce que je recherche, c'est une fin inévitable que personne n'avait vu venir. Et c'est toujours ce qu'il y a de plus difficile.

Bruce Miller et Elisabeth Moss. Crédits : Getty/David Crotty.

Êtes-vous libéré maintenant du poids de l'adaptation ? Et est-ce que c'était pesant d'ailleurs ?
J'ai ressenti le poids de l'adaptation au tout début mais Margaret m'a vraiment encouragé. Elle était ravie d'avoir tous ces auteurs brillants qui spéculaient sur son œuvre. C'est quelqu'un de formidable qui aime passionnément l'écriture et les auteurs. Notre mission n'a pas changé avec la saison 2. On continue de donner vie au livre. L'intrigue principale se poursuit et les personnages, l'univers, la tonalité, l'atmosphère, le sens de l'humour, l'absurdité... tout, absolument tout correspond à l'univers de Margaret.

Comment vous émancipez-vous du roman ?
Mon processus créatif est vraiment simple. Je me demande juste ce qu'il pourrait se passer réellement. On a ce monde très étrange que Margaret a fabriqué, mais ce qui s'y passe doit être crédible. C'est comme ça qu'on envisage chaque scène, chaque ligne de dialogue, chaque épisode et c'est comme ça qu'on construit une saison. Que se passerait-il vraiment ? À la fin de la saison 1 et à la fin du livre, on emmène June et on se demande ce qui pourrait se passer. Et si elle essayait de s'enfuir ? On s'est dit : "Offred tente de s'échapper de Gilead. Gilead ne veut pas qu'elle s'échappe. Gilead est grand. Offred est petite, elle n'en sortira probablement pas, ce serait chouette qu'elle y arrive mais c'est fort peu probable. Donc elle n'y arrive pas." Tout le jeu consiste à vous amener à vous demander ce qu'il ne peut pas bien se passer après cela.

Vous jouez avec ce que vous lisez entre les lignes...
Pas seulement. Concrètement, j'ai lu le livre il y a longtemps pendant mes études universitaires. Comme je suis dyslexique, je ne lis pas très bien et ce que je fais, c'est que je relis les mêmes livres sans arrêt. Et à chaque fois que j'ai relu le livre, il y avait toujours quelque chose qui m'échappait ou que je n'arrivais pas à comprendre. Et souvent, dans l'univers de Margaret, ce sont des choses émotionnelles comme ce qu'elle ressent à propos de tel sujet, comment elle pense à sa fille, est-ce qu'elle tombe vraiment amoureuse de Nick ? Ce qui est génial, c'est que je peux m'asseoir avec Margaret et lui demander "Mais qu'est-ce que vous vouliez dire par là ?" Qui a cette chance ?!

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