The Handmaid's Tale : en deuxième saison, le cauchemar continue The Handmaid's Tale : en deuxième saison, le cauchemar continue

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The Handmaid's Tale : en deuxième saison, le cauchemar continue par Emilie Semiramoth

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Publié le Jeudi 26 Avril 2018

Après le choc de la première saison et la déferlante #MeToo, le retour de 'The Handmaid's Tale' était attendu de pied ferme. Curieux sentiment que d'attendre si impatiemment une série si brutale... et pourtant salvatrice !

Les fans de Margaret Atwood, qui a signé en 1985 le best-seller éponyme dont la série est adaptée, savent déjà que la première saison couvre tout le roman. C'est donc une suite inédite que proposent ces nouveaux épisodes. Et quelle suite ! Alors qu'on croyait avoir tout vu, la série lève un peu plus le voile sur la république de Gilead... jusqu'à nous donner des sueurs froides.

Son nom est June
S'il y a une femme à laquelle on s'accroche comme à une bouée de sauvetage dans The Handmaid's Tale, c'est bien June – rebaptisée Offred par les extrémistes de Gilead – plus guerrière que jamais. Son instinct de survie et sa détermination à faire face à cette dictature totalitaire forment la seule lueur d'espoir dans cet univers sombre, aussi bien au sens propre comme au figuré. L'écran reste obstinément noir et lorsqu'un peu de lumière jaillit, ce n'est que pour montrer l'horreur. Alors la caméra se colle à June, même si sa vie ne tient qu'à un fil. Son statut de femme enceinte fait désormais d'elle une femme précieuse. Ou presque. Parce qu'à Gilead, la perversion n'a pas de limites. La politique de la terreur ne connaît aucune forme de réticence. Ce que The Handmaid's Tale nous apprend en ce début de saison, c'est que l'héroïsme et la résistance ne sont pas toujours spectaculaires. Ils se tiennent parfois seulement dans un regard. Un regard défiant mais qui peut valoir une condamnation fatale. C'est dans les yeux d'Elisabeth Moss que s'élève l'affront, la magnifique insolence de June. Rarement une actrice aura su faire une telle démonstration de force avec un simple regard. Même quand la peur l'étreint. Même quand elle prend la fuite. Même quand elle est libre et qu'elle a encore plus peur.

L'univers s'agrandit
Ces deux premiers épisodes nous en apprennent plus sur le coup d'état qui a conduit à la république de Gilead ainsi que sur les fameuses colonies, décrites dans la première saison comme un lieu de désolation où les femmes les moins dociles sont envoyées et dont elles ne reviennent jamais. La vie d'avant ressemble beaucoup à la nôtre et on se rend compte comment un basculement pernicieux peut facilement se mettre en place dans une société où l'on considère ses droits comme des acquis indéfectibles. C'est en grignotant du terrain petit à petit que la dictature a fini par ronger la démocratie, jusqu'au point de non retour. Quant aux colonies, elles ne sont ni plus ni moins que des camps de travaux forcés et d'extermination. On y retrouve Emily, toujours aussi parfaitement incarnée par Alexis Bledel. Elle épuise ses dernières forces dans un site sur-pollué où une lente et terrible agonie est l'unique promesse délivrance. Dans The Handmaid's Tale, l'horreur n'a pas de pudeur.

Faut-il tout montrer ?
Chaque épisode reste une épreuve en soi. Et ce qui résonne douloureusement en nous comme une violence absolue est surenchéri dans une séquence suivante par une autre claque qui nous laisse sur le carreau. Pourquoi s'infliger cela ? Aussi terrible soit-elle, la démonstration de cette violence semble s'avérer nécessaire. Nécessaire pour qu'on se rende compte de ce que subissent des millions de femmes à travers les âges et à travers le monde. Parce qu'il fallait peut-être ce porte-drapeau pour sonner la rébellion. Parce que la série a ouvert les yeux à certaines et certains. Parce que les droits des femmes sont en danger, aujourd'hui. Que nos acquis sont encore trop précaires. Et l'égalité encore trop loin sur la ligne d'horizon. The Handmaid's Tale n'est pas qu'une série. C'est aussi un avertissement. Et cette deuxième saison sonne le tocsin pour nous le faire savoir.

The Handmaid's Tale, une série de Bruce Miller avec Elisabeth Moss, Alexis Bledel, Yvonne Strahovski dès le 26 avril sur OCS Max

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