"The Eddy" : une plongée enivrante dans un Paris jazzy et contemporain "The Eddy" : une plongée enivrante dans un Paris jazzy et contemporain

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"The Eddy" : une plongée enivrante dans un Paris jazzy et contemporain par Emilie Semiramoth

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Publié le Mardi 12 Mai 2020

Cet ambitieux projet qui réunit des stars internationales devant et derrière la caméra est une ode au jazz, à la liberté et au métissage. À ne pas louper.

Un pari osé
À première vue, on se croirait dans une série HBO. Une caméra mouvante, un cabaret de jazz défraîchi dans l’est parisien, un casting estampillé "indé"… On est clairement dans une série d’auteur. Le contraste est d’autant plus grand avec les autres productions Netflix destinées à être plus mainstream. Une fois cet "avertissement" pris en compte, il n’y a plus qu’à se laisser emporter par l’énergie de la caméra de Damien Chazelle (le réalisateur de Whiplash et La La Land qui signe les deux premiers épisodes), par les mélopées de jazz contemporain qui éruptent de scènes électriques. The Eddy raconte l’histoire d’un club, un peu mal en point, tenu par deux associés : Elliot (André Holland, toujours aussi magnétique) et Farid (Tahar Rahim, lumineux). Malgré une passion dévorante pour la musique, les affaires ont du mal à tourner. Elliot a quitté les Etats-Unis et une carrière de pianiste adulé pour se terrer à Paris. L’homme est visiblement meurtri par son passé.

© Netflix

Du jazz et des tripes
The Eddy est aussi l’histoire d’une passion. Pour un art qui cloue ses aficionados au statut de fragiles saltimbanques. On y découvre les coulisses d’un monde avec ses codes et des règles parfois impitoyables. C’est aussi l’histoire dévorante pour un art qui consume. Tous les protagonistes semblent inféodés à leur instrument. Ils y trouvent peut-être l’échappatoire de leurs tourments intimes. À l’instar de Julie (électrique Amandla Stendberg), adolescente perturbée qui joue la fille d’Elliot et vient le rejoindre à Paris. On croise des destins divers comme celui de Maja (interprétée par Joanna Kulig révélée dans Cold War), la chanteuse du groupe de The Eddy, amoureuse éconduite. Ou encore celui d’Amira, jouée par Leïla Bekhti, qui n’est autre que l’épouse de Farid.

© Netflix

De la tension
À tout cela, vient s’injecter l’ingrédient du thriller, élément surprise qui vient frapper la fin du premier épisode. L’urgence se fait d’autant plus ressentir. The Eddy prend alors des allures de drame existentiel. Sur les deux épisodes mis à la disposition de la presse, impossible de prédire une quelconque ligne directrice pour la suite. L’écriture du scénario, confiée à Jack Thorne (This Is England) sur une idée de Glen Ballard (compositeur et producteur multi-récompensé qui a travaillé aussi bien avec Michael Jackson, Alanis Morissette ou Katy Perry), paraît suivre scrupuleusement l’art délicat des impros de jazz. On ne sait guère où on va, mais on se laisse volontiers happer par la musique. Cette dernière, signée Ballard justement, devrait ravir les amateurs de blue notes. Et maintenant… action (et musique) !

"The Eddy", une série créée par Jack Thorne avec André Holland, Leïla Bekhti, Amandla Stenberg… disponible sur Netflix.

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