"Shrill" : une série sur le body-positivisme à ne pas rater "Shrill" : une série sur le body-positivisme à ne pas rater

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"Shrill" : une série sur le body-positivisme à ne pas rater par Emilie Semiramoth

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Publié le Lundi 6 Janvier 2020

"Shrill" fait partie de ces séries qui passent parfois trop vite inaperçues... Et ce serait vraiment dommage de la manquer.

Aidy Bryant, nouvelle star du SNL
Si vous regardez le Saturday Night Live, vous savez que cette émission historique a révélé bon nombre de comiques américains sur près de quarante ans. Pour les plus récents, on retient les noms de Tina Fey, Amy Poehler, Kristen Wiig ou encore Kate McKinnon. Aidy Bryant, elle, y participe depuis 2012 et monte en puissance depuis deux-trois ans. C’est tout naturellement qu’elle déploie son talent en dehors de l’émission pour incarner le premier rôle de Shrill. Elle y joue Annie, une jeune femme en surpoids et bien dans sa peau qui travaille comme journaliste débutante dans une rédaction de hipsters bien-pensants dirigée par un rédacteur en chef ultra snob (le toujours phénoménal John Cameron Mitchell). Seul problème, si elle vit en parfaite harmonie avec ses rondeurs, le reste du monde vient perpétuellement perturber cette harmonie. 

Le body-positivisme
Il est temps que la télévision et les séries en particulier commencent à sortir des standards de beauté où seules les femmes minces ont droit de cité. Merci Girls et Lena Dunham pour cette avancée majeure, mais le boulot n’est pas encore terminé. Shrill fait une démonstration absolument effarante de la banalité de la grossophobie dans les esprits. Alors que Annie ne cherche pas à perdre du poids, ce sont les autres qui le désirent pour elle comme cette femme coach sportif croisée dans un café qui la harcèle presque pour qu’elle "se prenne en main". Ou son petit ami, cette calamité de Ryan (Luka Jones, très convaincant dans sa médiocrité) qui n’assume pas de sortir avec une fille qui a des courbes et la fait sortir de sa coloc’ par la porte de derrière. Shrill fait état de ces petites humiliations qui font partie du quotidien d’Annie et qu’elle a appris à ignorer superbement. C’est là que la moutarde commence à nous monter au nez face à une telle violence psychologique exercée en toute impunité. Heureusement, Annie sonne le glas et renvoie tout le monde à ses pénates. On a aussi droit à des scènes totalement réjouissantes comme cette pool party organisée par et pour des femmes rondes. Elles y apparaissent belles et fortes, et tellement inspirantes. Le ton est léger et veut éviter toute sur-dramatisation du quotidien d’Annie. Le format court, moins de 30 minutes, et les épisodes filant à toute vitesse donnent à Shrill une saveur acidulée. Et bonne nouvelle, une saison 2 est déjà prévue pour début 2020.

 "Shrill", une série créée par Aidy Bryant, Alexandra Rushfield et Lindy West avec Aidy Bryant, Lolly Adefope, Luka Jones… Actuellement sur Canal+ et MyCanal.

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