Saison 15 de "Grey’s Anatomy" : pourquoi on adore cette série mi-cucul, mi-engagée Saison 15 de "Grey’s Anatomy" : pourquoi on adore cette série mi-cucul, mi-engagée

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Saison 15 de "Grey’s Anatomy" : pourquoi on adore cette série mi-cucul, mi-engagée par Coline Clavaud-Mégevand

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Publié le Jeudi 27 Septembre 2018

Regarder "Grey’s Anatomy", dont la saison 15 commence ce soir sur ABC, est un de vos plaisirs coupables ? N’ayez plus honte : la série est devenue un modèle d’engagement politique, qui n'a pas à rougir face à ses rivales les plus woke…

La mort de George vous a plus touchée que celle de votre grand-oncle ? Vous ne vous êtes toujours pas remise de la rupture entre Callie et Arizona ? Les cheveux de Derek Shepherd vous manquent ? A nous aussi. Pourtant, quand on parle séries entre amis, on se retrouve généralement à débattre sur The Handsmaid's Tale ou à disséquer la dernière production ultra-woke de Netflix, en taisant soigneusement notre amour pour Grey’s Anatomy. "Il y a un fort mépris pour ce show car il obéit aux codes du soap, avec ses beaux acteurs, ses histoires d’amour à rebondissements et sa durée de vie très longue", explique le Dr. Hélène Monnet-Cantagrel, spécialiste des séries et auteure de Les experts : Au nom de la science (éd. Atlande). Grey’s Anatomy est en plus diffusée sur ABC, une chaîne qui cible en priorité les femmes, ce qui renforce son image de "série pour midinettes"… Misogyne, mais aussi très réducteur, la création de Shonda Rhimes s’étant positionnée au fil des saisons sur des sujets clivants, comme les violences machistes ou le racisme systémique.


Exemple dans la saison 14, dont la diffusion s'est achevée en mai 2018 ? Le projet du personnage d’Arizona Robbins, chirurgienne pédiatrique, de combattre la mortalité des femmes lors de l’accouchement. Une intrigue prescriptrice : début 2018 et parallèlement à la diffusion, les grands médias mainstream titraient sur le taux de mortalité maternelle énorme aux US, tout particulièrement au sein de la communauté afro-américaine. "Des séries comme Law & Order, qui date de 1990, ou Les Experts, née en l’an 2000, utilisaient déjà l’actualité pour faire des scénarios, rappelle Hélène Monnet-Cantagrel. Ce qui est marquant avec Grey’s Anatomy, c’est le traitement de cette actualité, qui n’est jamais neutre". Et qui s’est même radicalisé : "Depuis l’élection de Donald Trump, Shonda Rhimes a musclé le ton, et ABC, pourtant chaîne de network appartenant à Disney, a décidé de prendre parti." Un choix rendu possible par le succès de la série –  aux US, la saison 14 a réuni pas loin de 8 millions de téléspectateurs par épisode, avant de s’exporter partout dans le monde. Mais qui est aussi devenu son plus gros atout, selon la spécialiste : "Grey’s Anatomy montre tout de même des chirurgiens milliardaires, qui vivent mille aventures sentimentales, des prises d’otages, des crashs d’avion… Mais quand ces personnages sont confrontés au mouvement Black Live Matters ou aux violences conjugales, cela créé un effet de réalisme très fort". Un cocktail de romantisme sirupeux et de militantisme, qui ne pouvait que séduire nos cœurs de millenials...

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