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Rose McGowan: celle par qui le scandale arrive par Erick Grisel

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Publié le Jeudi 3 Mai 2018

A Hollywood, elle a été la première à dénoncer les agissements du producteur Harvey Weinstein. Et elle l’a chèrement payé. Une série documentaire, Citizen Rose, programmée sur E ! Entertainment, revient sur son parcours de combattante... courageuse mais aussi ultra narcissique.

Elle l’appelle "Le Monstre", car elle pense que ce serait lui faire trop d’honneur que de l’appeler par son nom. Quelques jours après avoir été agressée sexuellement par Harvey Weinstein au cours de l’année 1997, l’actrice révélée par les films Doom Generation et Scream allumait la télé et voyait son bourreau se faire remettre un prix pour son œuvre humanitaire. "Je n’en revenais pas. J’étais sidérée." dit-elle dans le documentaire de Kevin Mcdonald, le brillant réalisateur du film Le dernier roi d’Ecosse. A aujourd’hui 43 ans, l’actrice n’a plus grand chose à voir avec l’héroïne stéréotypée qu’elle incarnait dans la série Charmed. Elle a l’allure vaguement gothique. Les cheveux noirs coupés très courts. Une bouche charnue et des pommettes saillantes qui doivent sans doute beaucoup au collagène. Elle marche comme un petit soldat, affrontant avec courage les obstacles les plus dingues mis sur sa route depuis sa dénonciation publique des agissements du "monstre".


Quand elle fonde the Rose Army, association de défense des femmes sexuellement harcelées, les avocats de Weinstein chargent une fausse combattante d’infiltrer l’association pour pouvoir rapporter les faits et gestes de l’actrice. Comme par hasard, à la même époque, Rose est condamnée pour usage de stupéfiants parce que des traces de marijuana ont été décelées sur ses vêtements au portique d’un aéroport. Alors que d’autres actrices abusées par Weinstein, telles Ashley Judd et Annabella Sciorra, ont été mises à l’honneur lors des derniers Oscars, Rose, elle, est toujours considérée comme persona non grata à Hollywood. Aucun grand rôle en vue. Sans doute parce qu’elle ne lâche rien, sans doute parce que son combat contre Weinstein est devenu celui de toute sa vie, oblitérant tout le reste.  

Comment se fait-il que, malgré le courage de Rose, ce documentaire nous laisse un sentiment d’embarras ? Parce que les larmes abondantes versées par l’actrice tout au long des épisodes finissent par tuer toute émotion. Elle évoque son enfance : elle pleure. Elle dialogue avec d’autres actrices harcelées (dont Asia Argento, émouvante, elle, quand elle dit "Je suis devenue dure" ) : elle pleure. Elle prend part à un manif : elle pleure.  Elle se rend sur la tombe de son père : elle pleure. On se croirait presque dans le documentaire In bed with Madonna. Et on aimerait lui crier "Stop !" lorsqu’elle se rend – sans doute pour la première fois depuis de longs mois - chez sa famille white trash visiblement pas très à l’aise de voir débarquer chez elle une caméra.  On est aussi dubitatif quand Rose, entourée de son "armée", lève les bras au ciel tel le gourou d’une secte ou quand elle clame devant une assemblée : "Bonjour, je m’appelle Rose, je suis courageuse et je suis vous !". On préfère retenir cette phrase qui pourrait servir de bilan à ce documentaire en quatre épisodes : "La vérité est souvent laide, mais quand on dépasse cette laideur, on trouve la liberté."

Citizen Rose, série documentaire, à partir du 16 mai, à 21H, sur E !

Erick Grisel

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