Pourquoi Queer Eye sur Netflix redéfinit la téléréalité Pourquoi Queer Eye sur Netflix redéfinit la téléréalité

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Netflix : comment Queer Eye redéfinit la téléréalité par Morgane Enselme

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Publié le Mardi 21 Août 2018

Avec quatre nominations aux Emmy Awards, dont celle de “Meilleure émission de téléréalité structurée”, la nouvelle version de "Queer Eye" (re-make de la série diffusée sur Bravo en 2003) est un phénomène de société. Si le show cartonne, c’est parce que Netflix façonne un nouveau type de téléréalité, à la fois divertissante et positive.

Une série thérapeutique et addictive
Préparez-vous à rire et pleurer avec eux. Le ton unique du programme vient avant tout de ses cinq experts : JVN, Karamo, Tan, Bobby et Antoni. Ils sont drôles, sexy, super attachants... Mais ceux qu’on appelle les “Fab Five” sont surtout des spécialistes de l’entraide. En nous propulsant dans un vortex émotionnel à chaque épisode, ils rendent le show authentique et captivant. Mieux que personne, les Fab Five mesurent le courage qu’il faut pour défier la société, ses cases, et ses étiquettes. Pour les cinq experts, il ne s’agit pas seulement de relooker les gens : ils se donnent la mission de libérer les candidats de leurs entraves. De ce qui les sépare d’une meilleure version d’eux-mêmes. Karamo Brown, expert culture, nous a confié avoir toujours une astuce pour faire céder les barrages psychologiques des candidats : “On apprend aux gens à avoir les conversations difficiles avec eux-mêmes, pour qu’ils puissent aussi les avoir avec les autres. Qu’on soit homme ou femme, de n’importe quelle race ou origine, combien de fois a-t-on le sentiment d’être réellement vu et entendu ? Les gens manquent de conversations intimes et sincères sur leurs émotions, leurs peurs, leur culpabilité… Mon but dans le show et dans la vie est de créer ces discussions”.

Queer Eye parle aussi de vous
C’est là un ingrédient clé de la série : le show ne parle pas seulement des participants : tout le monde peut s’y reconnaître. Dans Queer Eye, les peurs et les problématiques des candidats font écho à la vie de chacun. Se libérer d’un secret familial, être un meilleur compagnon ou un meilleur parent, se réconcilier avec son passé… Des sujets délicats, qui sont abordés avec justesse dans les épisodes, et permettent aux spectateurs d’y trouver bien plus que des astuces de style.

Un programme au delà des apparences
Dans cette émission, l’important n’est pas ce à quoi on ressemble, mais ce qu’on ressent. Les queer guys misent sur une transformation intérieure et extérieure des candidats. Bobby Berk, expert design, le confirme : “Quand je redécore la maison des participants, je m’assure que ce soit un bon espace pour eux. Pas pour moi, ni pour la télévision, mais réellement pour eux.”

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Qu’on soit homme ou femme, de n’importe quelle race ou origine, combien de fois a-t-on le sentiment d’être réellement vu et entendu ?

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Idem pour Jonathan Van Ness, expert beauté du show. Avec ses cheveux longs et ses talons hauts, il se définit fièrement comme le plus féminin et le plus Queer des experts. Dans l’épisode 4 de la saison 1, il est confronté à AJ, un candidat qui veut faire son coming out mais ne surtout pas “avoir l’air gay”. Là où beaucoup auraient pu voir une attaque personnelle, JVN s’est rapproché d’AJ pour l’aider du mieux possible : “Quand on a une apparence très féminine, on est identifié comme très gay et on doit se défendre plus sur son homosexualité. En rencontrant AJ, je me suis dit que c’était une opportunité d’apprendre et de grandir pour tous les deux… Queer Eye est plus une question de connexion que de relooking. Je sais que le genre est une norme construite et nous avons tous un rapport différent à ça”.

Un nouveau type de téléréalité
Les téléspectateurs ont changé. Ils réclament aujourd’hui des programmes divertissants mais également inspirants, et Netflix l’a bien compris. Alors que les chaînes de télé misent encore sur la téléréalité de scandale, la plateforme de streaming révolutionne à nouveau les codes d’un genre : en produisant une téléréalité positive et valorisante. Pour Antoni Porowski, expert vin et food, cette tendance pourrait se confirmer et renouveler les émissions de divertissement : “J’espère vraiment que Queer Eye créera un précédent pour des programmes positifs, où les gens prennent à coeur de s’entraider”.

Un pied de nez aux homophobes
Face à un Donald Trump anti-gay et des réseaux sociaux tristement perméables à l’homophobie, Queer Eye est arrivé plus fort que Miley Cyrus et sa wrecking ball pour briser les murs érigés par l’hostilité, l’ignorance, et les préjugés. Adopté par un public bien plus large que les communautés gays, la série et ses 4 nominations aux Emmys Awards sont une victoire et un message fort. Tan France, expert design, se réjouit de ce succès : ”La majorité des gens qui m’arrêtent dans la rue sont des hétéros. Je pensais que notre public serait composé de gays et de femmes libérales, mais il y a des gens de tous les horizons. Je suis fier d’être dans une position où je peux impacter le changement, pas seulement en Amérique mais dans le monde entier.”
Via la plateforme de streaming, l’émission est diffusée dans 190 pays et n’a pas fini de faire changer les mentalités. On remercie donc Netflix d’avoir rassemblé la dream team que forment JVN, Tan, Karamo, Bobby et Antoni. Donnant ainsi une voix plus forte à la communauté LGBTQIA, et au fond, à chacun d’entre nous. Un avertissement cependant : regarder Queer Eye peut provoquer une addiction aux cinq garçons et vous donner envie de passer toutes vos soirées avec eux. La bonne nouvelle, c’est qu’une saison 3 est prévue pour 2019, et ce ne sera probablement pas la dernière.

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