"Orange is The New Black" : pourquoi vous devriez regarder la dernière saison "Orange is The New Black" : pourquoi vous devriez regarder la dernière saison

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"Orange is The New Black" : pourquoi vous devriez regarder la dernière saison par Emilie Semiramoth

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Publié le Vendredi 26 Juillet 2019

Piper & co font leurs adieux dans une ultime saison d'"Orange is The New Black" riche en émotions mais pas seulement.

Les adieux sont toujours difficiles, surtout quand on a passé plusieurs années avec des personnages qui, sur la durée, sont un peu devenus des amis. Les détenues d’Orange is The New Black font partie de ces personnages encore trop rares sur le petit écran, qu’on a appris à découvrir et qui ont partagé avec nous leur histoire intime. Une histoire souvent conditionnée par l’immigration, la couleur de peau, l’orientation et/ou l’identité sexuelle, l’origine sociale… Ce sont des femmes qui parfois ont cédé à la tentation du mauvais choix, parce que perdantes dès le départ dans le grand jeu de la vie où les dés sont pipés. La notion de bien ou de mal devient obsolète dans cette série, particulièrement lorsqu’elle s’applique à démontrer que la prison n’a jamais vocation à réhabiliter des personnes qui ont fauté mais juste à générer du profit. Dans ces conditions, le destin de ces femmes prend une dimension nouvelle. Elles sont riches d’expériences et de sentiments contradictoires et nous apprennent à voir la condition humaine sous un angle moins biaisé. Et comme elles ont si bien su le faire au cours des six saisons précédentes, dans leur ultime révérence, elles ne nous épargnent pas la boule coincée dans la gorge. 

Faux procès
Plusieurs reproches ont été injustement adressés de temps à autres à la série au cours des dernières saisons. Pourquoi garder Alex et Piper dans les parages alors que leur histoire tourne en rond ? Pourquoi passer autant de temps sur des histoires secondaires qui ne trouvent pas de conclusion ? Pourquoi certains personnages disparaissent tout à coup sans qu’on n’ait plus de nouvelles ? Ce que l’on peut considérer comme des errements scénaristiques ont été jugés bien sévèrement. Dans la vraie vie, toutes les histoires ne trouvent pas forcément de conclusion. Certaines personnes répètent toujours les mêmes schémas et peinent à en sortir. D’autres se perdent de vue pour de bon. Les scénaristes ont toujours su instiller une forme de légèreté avec des moments de comédie et une narration qui ressemblait parfois à une sorte de zapping. On a pu croire que tout ceci n’était qu’au service du divertissement alors qu’au contraire, il a toujours été question de coller au plus près de la réalité.

Encore des choses à dire
Sur les six épisodes que nous avons pu voir, cette saison ne déçoit pas et reprend pile là où la précédente s’est achevée. Oui, on continue de suivre Piper qui a retrouvé sa liberté. Et c’est une bonne chose. Ce personnage, qui a cristallisé beaucoup d’agacements voire de haine, continue d’évoluer et l’après Litchfield est tout aussi intéressant. Même pour une "privileged white girl" – "une jeune femme blanche privilégiée", reproche lassant qui revient sans cesse – le retour à la vie normale après la prison n’a rien de normal. Car chaque ex-détenue porte le stigmate de la détention. Les humiliations continuent que ce soit auprès de l’entourage, la famille, d’éventuels employeurs et les contrôles judiciaires n’aident pas non plus. Fidèle à elle-même, Piper continue de chouiner mais elle est aussi combative et a quand même bien grandi. Après sa condamnation à perpétuité, Taystee reste un pilier de la série. Et les autres ne sont pas en reste.

Mais ce qui marque surtout dans ces derniers épisodes, c’est ce nouveau chapitre politique ouvert concernant la détention et le traitement des "illégaux". Jenji Johan, la créatrice, a toujours à cœur de dénoncer la politique américaine, celle du profit sur le compte des plus démunis et vulnérables, et bien sûr celle de l’administration Trump qui déshumanise et broie des destins avec un plaisir non dissimulé. L’expulsion des sans-papiers est devenue la nouvelle activité ludique du moment. Cela dit beaucoup de la politique actuelle, mais aussi de la philosophie qui l’accompagne. Orange is The New Black continue certes d’être divertissante mais par son propos, elle reste avant tout une grande série d’utilité publique.

"Orange is The New Black", une série créée par Jenji Johan avec Taylor Schilling, Danielle Brooks, Dascha Polanco… Saison 7 disponible dès le 26 juillet sur Netflix.

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