Netflix : 3 bonnes raisons de regarder le documentaire "Fyre, the greatest party that never happened" Netflix : 3 bonnes raisons de regarder le documentaire "Fyre, the greatest party that never happened"

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Netflix : 3 bonnes raisons de regarder le documentaire "Fyre, the greatest party that never happened"

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Publié le Lundi 21 Janvier 2019

Sur le papier, le Fyre festival avait tout pour devenir l’événement préféré d’une jeunesse blindée et obsédée par Instagram. L’événement s’est finalement transformé en cauchemar, raconté dans "Fyre, the greatest party that never happened", actuellement sur Netflix. Un docu dont la recette à tout pour plaire.

#1 Une histoire totalement WTF

Au commencement était une vidéo pour un mystérieux festival de musique, organisé aux Bahamas. Publiée sur Instagram fin 2016, on y voit la crème des top modèles du moment (Kendall Jenner, Hailey Baldwin, Bella Hadid…) nager dans les eaux turquoises d’une île ayant appartenu à Pablo Escobar, tout ça, pour promouvoir un événement ultra-luxe et select. Partagée par les mannequins en question ainsi que par des dizaines d’influenceurs, la vidéo finit par saturer les timelines du monde entier, et en quarante-huit heures, l’événement est sold-out. A peine croyable, d’autant que le line-up n’a pas été annoncé et que le prix des billets s’élève à plusieurs milliers de dollars…
L’objectif, à l’époque inconnu, du projet ? Faire la promo d’une application nommée Fyre, qui doit permettre aux New-Yorkais de "réserver une star" pour une soirée, et imaginée par Billy McFarland. Un entrepreneur de 25 ans qui rêve en grand… mais n’a jamais organisé de festival de sa vie.

C’est justement ce gouffre entre projet et réalité que raconte le documentaire Fyre, the greatest party that never happened, réalisé par Chris Smith et disponible sur Netflix depuis le 18 janvier 2019. Classique sur la forme (un mix d’images d’archives et d’interviews d’ex-collaborateurs de Billy McFarland), il vaut surtout pour l’histoire absurde qu’il raconte. L’île est trop petite pour accueillir 10 000 personnes ? Sur place, il n’y a ni eau courante, ni électricité ? Des tonnes de moustiques rappliquent la nuit venue ? Pas de quoi inquiéter McFarland et son crew, qu’on voit foncer dans le mur à toute allure, un cigare cubain aux lèvres. Résultat : le jour J, les huttes luxueuses ont été remplacées par des tentes de secours, la cuisine trois étoiles, par des sandwichs en barquette et le décor paradisiaque est en fait un terrain vague inondé. Au grand dam des centaines de personnes qui débarquent, persuadées qu’elles vont vivre "l’événement de la décennie"...


#2 Une critique des réseaux sociaux

L’un des coupables de cette Bérézina ? Le Web, la course aux likes ayant remplacé tout principe de réalité dès le début du projet, côté organisateurs comme public. Mais le plus perturbant reste la puissance du marketing digital, capable de faire rêver des millions de gens… avec du vide. Un hashtag, une photo bleu lagon et un slogan : voilà qui suffit à nous faire sortir notre carte bleue – pour un concert, mais aussi pour une paire de sneakers ou un smartphone. Quant au cool promis au public dans ces événements "coachelesques", il semble ici plus stéréotypé que jamais : des filles minces et sexy, des bros en marcel et des paysages instagrammables, matraqués par les basses du dernier tube EDM à la mode.

On ne peut donc qu’être atterré quand Andy King (organisateur d’événement et co-responsable du désastre) compare le Fyre festival à Woodstock, sans réaliser que l’obsession du parfait selfie à l’iPhone X n’a pas grand chose à voir avec l’idéologie anticapitaliste et peace and love de la jeunesse des 70s. De là à haïr les millenials montrés dans le docu, il n'y a qu'un pas.


#3 Le portrait d’une certaines jeunesse occidentale

Si Billy McFarland apparaît au fil du documentaire comme un mythomane dépourvu d’empathie, le reste du casting n'est pas beaucoup plus sympathique. Dans les séquences tournées aux Bahamas, son crew ne jure que par les accélérations en jet-ski, les bitures sur la plage et les selfies avec des filles qui ont l’air de se demander ce qu’elles font là (indice : elles sont payées grassement pour un simple post Instagram). Leurs punchlines favorites ? "On est là pour vendre du rêve aux loosers", lâchée entre deux éclats de rire et une gorgée de téquila. Ou encore "Nous sommes une équipe orientée solution, pas problème", prononcée tel le mantra d'une start-up nation sous MDMA dès que quelqu’un ose évoquer un problème matériel.

Mais les personnes arnaquées ne sont pas en reste, qui témoignent sans honte de leur comportement au milieu du tumulte du festival – dégradation du peu d’infrastructures en place, violence, mépris envers les autochtones… En creux se dessine le portrait d’une certaine jeunesse occidentale, à dominante blanche et masculine, convaincue que l’argent donne tous les droits. On sauvera tout de même les employés qui travaillaient sur l’appli de Billy McFarland, licenciés dans la foulée du fiasco, et bien sûr, les Bahaméens qui ont travaillé d’arrache-pied sur le festival, pour finalement ne pas être payés – un préjudice de 250 000 dollars, selon le documentaire, et une preuve supplémentaire que nos sociétés sont incapables de traiter les pays du Sud autrement que comme des territoires à exploiter. Un des moments les plus poignant de Fyre festival, par ailleurs drôle tant il est absurde, reste une séquence où une restauratrice nommée Maryann Rolle explique avoir perdu toutes ses économies dans l’histoire. Une farce, oui, mais bien cruelle. 

C.C-M.

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