"Mrs. America" : Cate Blanchett éblouissante en militante anti-féministe "Mrs. America" : Cate Blanchett éblouissante en militante anti-féministe

Séries 

"Mrs. America" : Cate Blanchett éblouissante en militante anti-féministe par Emilie Semiramoth

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

4 minutes

Publié le Lundi 4 Mai 2020

"Mrs. America", avec son titre mordant qui fait référence au concours de beauté pour femmes mariées, est l’une de ces séries indispensables à l’ère post-MeToo où les droits des femmes commencent seulement à se libérer des chaînes du patriarcat.

Un Mad Men au féminin
Si vous pensez à Mad Men dès les premières images de Mrs. America, ce n’est pas un hasard. En effet, sa créatrice Dahvi Waller a officié sur la série de Matthew Weiner. Son expérience l’a visiblement marquée au point de ressentir l’urgence de raconter la bataille politique et médiatique autour du vote de l’Equal Rights Amendment, un amendement qui vise à garantir l’égalité des droits entre les sexes dans la Constitution, au début des années 1970. La série met en scène deux camps opposés : d’un côté la conservatrice Phyllis Schlafly, toujours parfaite Cate Blanchett, et de l’autre des figures du mouvement féministe américain dont Gloria Steinem (impeccable Rose Byrne).

© Canal+

Une anti-héroïne victime d’elle-même
Outre une impressionnante reconstitution des années 1970 et une production globalement digne des plus grandes séries, Mrs. America se distingue par la qualité de son propos. En mettant en scène Phyllis Schlafly- peu connue en France mais honorée par Donald Trump lors de son décès en 2016-, la série donne la parole au camp conservateur qui se bat bec et ongles contre l’avortement, contre les libertés individuelles des femmes et prône le mariage avec le cliché de l’épouse dévouée à sa famille. Mieux, elle souligne l’aliénation de Phyllis Schlafly, qui rêve d’émancipation en conduisant son mouvement, mais empêchée aussi bien par sa propre rhétorique que par le conservatisme patriarcal de son mari, joué par un John Slattery aux antipodes du sémillant Roger Sterling de Mad Men.

© Canal+

Historique
Mrs. America retrace par la même occasion l’histoire du mouvement féministe américain. Lui aussi, avec ses disparités et ses luttes intestines. Chaque épisode se consacre à une femme et met en lumière le combat personnel que chacune a à mener. Pour Gloria Steinem, il s’agit parfois d’être autre chose qu’une icône pop pour les jeunes femmes qui l’admirent et autre chose qu’une victime de la misogynie de ses détracteurs. Pour Shirley Chisholm- incarnée par Uzo Aduba qui confirme une fois de plus son immense talent-, la bataille semble utopique. Première femme noire élue au Congrès, elle devient aussi la première afro-américaine à se lancer dans la course à la présidentielle… Et ce, au sein d’un parti démocrate qui est loin de lui dérouler le tapis rouge. D’autres figures sont présentes, toutes incarnées par des actrices investies jusqu’au bout du brushing. Si les premiers épisodes peuvent paraître un peu lisses et consensuels, la suite gagne en aspérités et donc en profondeur. Sans nul doute, Mrs. America fait d’ores et déjà partie des classiques.

Mrs. America, une série créée par Dahvi Waller avec Cate Blanchett, Rose Byrne, Uzo Aduba… Disponible sur Canal+ Séries et MyCanal.

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires