Minisérie Netflix sur le milliardaire Jeffrey Epstein : autopsie d’un monstre Minisérie Netflix sur le milliardaire Jeffrey Epstein : autopsie d’un monstre

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Minisérie Netflix sur Jeffrey Epstein : autopsie d’un monstre par Erick Grisel

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Publié le Vendredi 12 Juin 2020

Dans le genre playboy, Jeffrey Epstein était pas mal. Pourtant il était hideux. Comme nous le démontre cette minisérie où les victimes du milliardaire se succèdent, démontrant à la fois les agissements d’un pervers et l’inanité de la justice américaine.

Deux poids, deux mesures. C’est ce qui caractérise la justice américaine. D’un côté George Floyd tué par flic pour une histoire de faux billet de vingt dollars. Et de l’autre Jeffrey Epstein, prédateur sexuel qui n’a pas été inquiété pendant trois décennies malgré les plaintes de ses victimes. Protégé par des procureurs, des avocats, des politiciens et aussi par la presse parce qu’il avait du pouvoir et de l’argent. Un petit détail fait froid dans le dos : les noms des journalistes et réalisateurs qui ont travaillé sur cette enquête pour Netflix ne sont pas mentionnés sur Allo Ciné ou IMDB par exemple. Preuve qu’un an après son suicide dans une prison new-yorkaise, l’homme sévit toujours, et bénéficie toujours de complices comme cette Ghislaine Maxwell, rabatteuse de jeunes filles pour le compte de son boss, et toujours pas arrêtée.

La série le confirme, images à l'appui : Donald Trump et Bill Clinton ont frayé avec Jeffrey Epstein. Tout comme le Prince Andrew autour duquel l’étau se resserre depuis quelques jours, et que l’on voit se défendre bien piteusement dans le doc. Epstein, lui, sait se défendre. Arrogant, insensible, il ne se démonte devant aucune question, invoquant le cinquième amendement de la constitution américaine (celle qui vise à se protéger contre les abus de l’autorité) dès qu’il est fait allusion à ses crimes sexuels. Seul moment où on le voit fulminer : quand un avocat lui fait la description de son sexe faite par les victimes. A ce moment précis, son orgueil blessé semble s’échapper par tous les pores de sa peau.

Une question se pose tout de même quand on écoute les récits des victimes, mineures à l’époque, et qui n’excuse en rien les agissements du prédateur. Comment se fait-il que des filles mineures ont accepté d’aller masser un vieux monsieur dans sa villa de Palm Beach ? Ou de se laisser embarquer dans son île privée des Caraïbes ? Que faisaient les parents, les profs, les flics ? La série démonte le système pyramidale qui régissait l’empire Epstein. Le recrutement des victimes se faisait à chaque étage de la pyramide, parfois par les victimes elles-mêmes. L’homme et ses complices savaient flatter, rassurer. Et menacer quand il le fallait. Que pouvait-on faire devant Epstein et son armée d’avocats ? Rien ! C’est le point commun de toutes les victimes. Elles se retrouvaient impuissantes devant lui. Tout comme les seuls flics de Floride qui ont tenté quelque chose contre lui. L’argent le protégeait de tout. Et même quand un mensuel prestigieux comme le Vanity Fair américain découvrait des éléments à charge, il cédait devant la pression (tête de chat dans le jardin du rédacteur en chef) et offrait à ses lecteurs un portrait flatteur du sinistre personnage. Mais la chance a fini tout de même par lui tourner le dos. C’est la prison à vie qui l’attendait en 2019. Ses victimes attendaient, quant à elles, des explications et pourquoi pas des excuses, l'expression de remords. En se tuant, l’homme les a même privées de cette piètre satisfaction.

Jeffrey Epstein : pouvoir, argent et perversion, sur Netflix.

Erick Grisel

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