"Little America" : de belles histoires d’immigration pour la série Apple TV+ "Little America" : de belles histoires d’immigration pour la série Apple TV+

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"Little America" : de belles histoires d’immigration pour la série Apple TV+ par Emilie Semiramoth

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Publié le Mardi 21 Janvier 2020

D’une discrétion hors normes sur sa communication, Apple TV+ a pourtant un catalogue qui s’étoffe et mérite le détour. Dernière sortie en date : "Little America", un véritable petit joyau.

Inspirée d’histoires vraies
En général, quand une série est inspirée d’une histoire vraie, c’est pour raconter un énième fait divers sordide. C’est tout le contraire en ce qui concerne Little America. Cette série anthologique de dix épisodes de 30mn chacun raconte l’histoire de personnes immigrées aux États-Unis. Ces portraits, d’abord publiés dans la rubrique éponyme du mensuel Epic Magazine, sont en réalité des jolis petits contes ordinaires. Ils retracent le parcours d’anonymes, nés illégalement aux États-Unis ou arrivés sur le territoire en quête d’un avenir meilleur. C’est le rêve américain, hors du cliché du milliardaire qui s’est fait tout seul. Et même si bien sûr, il est question de lutte et d’adversité, le "happy ending" est garanti à la fin. 

Positivisme
Ce n’est évidemment pas anodin de voir cette production émerger alors que la politique de Donald Trump se montre particulièrement hostile à l’égard des immigrés. Derrière ce joli projet, on retrouve Emily V. Gordon et Kumail Nanjiani, le duo qui a écrit le film The Big Sick, ainsi que Alan Yang, co-créateur de Master of None. Ils ont à cœur, à travers leurs œuvres, de cesser la stigmatisation permanente des personnes immigrées, désignées comme un fléau. Au contraire, ils participent à une autre narration, celle qui rappelle que l’Amérique est une terre d’immigration qui s’est forgée aussi grâce à différentes vagues d’immigration venues des quatre coins de l’Europe et du monde. 

Nouvelles coups de poing
Ces épisodes indépendants s’apparentent à des nouvelles. En seulement 30mn, ils dessinent des trajectoires, des parcours atypiques qui n’ont que trop rarement l’occasion d’être mis en lumière. Le premier épisode raconte l’enfance d’un petit garçon indien qui mène une existence ordinaire entre donner un coup de main à la réception de l’hôtel dont ses parents sont les gérants et ses concours d’orthographe. Tout bascule lorsque ses parents doivent retourner en Inde le temps de régulariser leur situation administrative. Sauf que cette "régularisation" dure des années... et ce gamin est juste extraordinaire. Dans un style radicalement différent, un autre épisode suit une Française – jouée avec tendresse et drôlerie par Mélanie Laurent – qui fait une retraite spirituelle seule dans les années 70. L’épisode, pratiquement entièrement muet, ne repose que sur le jeu d’acteur, les expressions du visage et du corps. Un vrai tour de force ! À la fin de chaque épisode, un carton présente une photographie de la vraie personne de cette histoire avec un bref résumé de ce qu’elle est devenue depuis. Impossible de rester insensible face à ce délicat travail d’orfèvrerie. 

Une série créée par Lee Eisenberg, Emily V. Gordon, Kumail Nianjani avec Jon Ortiz, Haaz Sleiman, Mélanie Laurent… Actuellement sur Apple TV+

 

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