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Les "irregardables" de Netflix par Erick Grisel

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Publié le Lundi 11 Mai 2020

La plateforme vient de décrocher, grâce au confinement, 15,8 millions de nouveaux abonnés. Fêtons ça en nous penchant, une fois n’est pas coutume, non pas sur ses pépites mais sur ses ratages et ses bizarreries.

"Toy boy" une série creuse et faussement sulfureuse ( photo d'ouverture)
Un beau gosse fait-il une bonne série ? Vous connaissez la réponse. Et Hugo, le héros de cette série espagnole, a beau passé la plupart de son temps torse nu ou en slip – normal, il est stripteaseur dans un club – il ne parvient pas à détourner notre attention des faiblesses du scénario et de la vacuité des images. Dans Toy boy, tout est filmé sur fond de mer verte et de ciel bleu auxquels sont assortis les T-shirts et les pulls de Hugo. La méchante, elle, porte des robes rouges pour bien montrer qu’elle est méchante. Ne sachant pas choisir leur camps (celui des audacieux ou des réacs) les deux réalisateurs filment des scènes de sexe faiblement scandaleuses avant de faire dire à leur héros stripteaseur "Surtout ne fait pas le même métier que moi, c’est de la merde !". Dans le rôle de Hugo, Jesus Mosquera combine avec talent moue boudeuse et froncements de sourcils lorsque s’abat sur lui les coups du sort et les fausses accusations de meurtre. C’est-à-dire tout le temps. Second personnage important de l'histoire : une jeune et jolie avocate (incarnée par Maria Pedraza) affublée d’un tailleur gris et d’une paire de lunettes austère signifiant qu’elle est sérieuse et peu encline à succomber aux charmes de Hugo ( ce qu’il adviendra quand même, vous vous en doutez).
Notre temps de résistance : 4 épisodes sur 13

 

"Captive " :  une mini-série sinistre et bavarde
On ne pouvait s’attendre de l’adaptation d’un roman de Margaret Atwood (l’auteure de The Hansmaid’s Tale) une série à se tordre de rire. Mais quand même ! Après avoir passé quelques instants avec cette "Captive", on n’a plus qu’une envie : finir sa vie sur un dance floor à Ibiza en gobant des smileys. La faute, non pas à l’histoire elle-même, tirée d’un fait réel survenu au Canada en 1843, mais à ces dialogues interminables entre la jeune héroïne, domestique condamnée à perpétuité pour meurtre, et son psychiatre chargé de déceler si elle est folle ou perverse. Pour une bagnarde, Sarah Gadon, habillée et coiffée comme pour aller à la messe de Noël, s’exprime avec la minutie d'une nouvelle diplômée d'Harvard. En face d’elle, le comédien qui incarne le psy dissimule mal son ennui derrière des airs inspirés et d’inlassables gribouillages sur son carnet. Et pour nous réveiller, les flashbacks sont une succession des scènes de violence subie par l’héroïne. Sympa !  Coréalisatrice de la série, l’actrice Sarah Polley nous avait habitués à des choses plus nuancées ( Loin d'elle, Take this Waltz...)
Notre temps de résistance : 27 minutes du premier épisode

 

"Burlesque " :  un film superficiel et anti-sexy
Il faut toujours se méfier des popstars qui se retrouvent tête d’affiche d’un film (n’est-ce pas Lady Gaga et Jennifer Lopez ?). En découvrant le nom de Christina Aguilera au générique de Burlesque, nos warnings n’ont cessé de clignoter. Dans ce film, rien n’est "burlesque", nom donné à un mouvement artistique à base de strip-teases rigolos né en France au XIX siècle au Moulin Rouge. Mais tout est marketé, aseptisé, fabriqué. Débarbouillée de son make-up habituel et coiffée d’une perruque blonde, Christina est à ce point lisse et sans saveur dans son rôle de jeune ambitieuse que lorsque Cher, meneuse de revue dans l’histoire, dit à son propos "C’est fou, sur scène elle attire tous les regards !", on se frotte les yeux d’incrédulité. L’éternelle histoire de la jeune artiste douée mais pauvre qui doit se battre pour réussir atteint ici un point de non-retour. Et on a jeté l’éponge au moment même où Christina s’est exclamée "Je vais vous montrer ce que je sais faire ! " ( non, surtout pas, Christina). Quant à Cher, elle a visiblement oublié qu’elle a été bonne actrice au siècle dernier dans les films Mask ou Éclair de Lune (pour lequel elle a eu l’oscar en 1988).
Notre temps de résistance : 36 minutes

 

"Freud " : une série glauque et fumeuse
Si ce cher Sigmund Freud voyait cette série austro-allemande, sans doute trouverait-il amusant de se retrouver sous les beaux traits de l’acteur Robert Finster, les fesses à l’air, honorant une jolie fille très versée dans l’ésotérisme. Pour le reste, il ne rirait pas du tout, car sans doute, dans toute sa carrière, il n’a eu à traiter de tels psychopathes dont le metteur en scène Marvin Kren se fait un plaisir de détailler les agissements gratinés : tortures d’enfant, exécution de prisonniers, éventrement de prostituées. Avec en fond sonore les cris de fous d’un asile ou les croassements de corbeaux. Et comme décor, des bas-fonds brumeux ou des intérieurs de bourgeois décadents. Freud n’est donc pas un biopic, comme le laisse supposer son titre, mais un petit pot-pourri des pratiques du célèbre neurologue autrichien (hypnose, cures psychanalytiques, prise de cocaïne..) mis au service d’une intrigue alambiquée à propos de laquelle des aficionados nous ont juré qu’elle finissait par s’éclairer. Mais s’il faut attendre le sixième épisode pour comprendre quelque chose…
Temps de résistance : 4 épisodes sur 8

Erick Grisel

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