"La Vérité sur l'affaire Harry Quebert" : la série n'est pas à la hauteur du best-seller de Joël Dicker "La Vérité sur l'affaire Harry Quebert" : la série n'est pas à la hauteur du best-seller de Joël Dicker

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"La Vérité sur l'affaire Harry Quebert" : la série n'est pas à la hauteur du best-seller de Joël Dicker par Emilie Semiramoth

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Publié le Mercredi 21 Novembre 2018

Le roman de Joël Dicker a été porté sur le petit écran avec Patrick Dempsey dans le rôle-titre et Jean-Jacques Annaud pour la première fois à la réalisation d'une série. Cette adaptation, convenue et sans grand élan, a malgré tout ce qu'il faut pour séduire le grand public.

Retour sur le phénomène
En 2012, Joël Dicker – jeune écrivain suisse de 27 ans et belle gueule – publie son deuxième roman La Vérité sur l'affaire Harry Quebert et devient la sensation du moment. Vendu à plus de cinq millions d'exemplaires dans le monde, Prix Goncourt des lycéens et Grand Prix du roman de l'Académie française, ce "page-turner" – comme les critiques se plaisent à le désigner – a su séduire un vaste public au point que Ron Howard et Steven Spielberg étaient sur les rangs pour en obtenir les droits d'adaptation. C'est finalement Jean-Jacques Annaud qui ressort vainqueur des tractations, avec la motivation de faire une série plutôt qu'un film et de rester le plus fidèle possible au roman-fleuve de Dicker. Cette mini-série de dix épisodes devient alors une coproduction entre TF1 et la chaîne américaine Epix, tournée en anglais et avec le sémillant Patrick Dempsey (ex- Dr Mamour) en tête d'affiche. L'histoire, c'est celle faite de rebondissements et de fausses pistes autour de la disparition de Nola, 15 ans, à la fin de l'été 1975 dans une petite ville du Maine. Trente-trois ans plus tard, on retrouve son cadavre sur la propriété du célèbre écrivain Harry Quebert, avec qui la jeune fille aurait eu une liaison, et enterré avec le manuscrit du livre culte de l'auteur, Les Origines du mal. Marcus Goldman, jeune écrivain à succès et souffrant du syndrome de la page blanche, s'était réfugié quelques jours plus tôt chez son ami et mentor, Harry Quebert. En apprenant la nouvelle de son arrestation, Marcus décide de sortir Harry de ce pétrin et d'enquêter sur le meurtre de Nola Kellergan.

Copie propre mais désincarnée
On espérait pas mal de cette adaptation. Le combo Dicker, Annaud et Dempsey laissait présager une série évènement, avec un souffle épique et une production prestigieuse. Mais l'évènement est un peu trop galvaudé pour mériter autant d'attention. Pas de méprise, l'adaptation est honnête. Le récit est addictif, le casting prestigieux et le mystère règne. Tous les ingrédients sont réunis pour en faire la pépite espérée. Pourtant la recette n'est pas tout à fait aboutie. La réalisation de Jean-Jacques Annaud se heurte à une imagerie de carte postale, un peu trop classique et caricaturale. Les maquillages de Patrick Dempsey et Virginia Madsen, tous deux censés être septuagénaires en 2008, font peine à voir. Ben Schnetzer, qui incarne Marcus Goldman, paraît plutôt insipide alors qu'il avait livré une très belle prestation en activiste gay dans le film Pride (2014).

Il manque un style, une personnalité à cette fiction qui marque les esprits autant que le roman d'origine. Les personnages restent enfermés dans des archétypes et semblent presque à la traîne du récit qui, lui, avance à toute vitesse. Même si on ne doute pas que cette série trouvera son public car elle n'est pas déplaisante à suivre, elle ne restera pas pour autant dans les annales. Il lui manque surtout ce qui fait en grande partie le charme du livre Dicker, une réflexion sur la création artistique et l'inspiration d'un écrivain. C'était certainement la gageure principale en passant de la littérature à l'écran. Comment retranscrire la passion qui anime un écrivain, ce moteur qui le propulse presque malgré lui ? Que ce soit Marcus dans son enquête entêtée pour innocenter son ami et son goût retrouvé pour l'écriture ou Harry lorsqu'il écrit son chef d'œuvre inspiré par une jeune fille en fleur, ils restent tous deux hermétiques et incapables de transmettre une réelle émotion quant à l'acte même de créer. Il ne s'agit pas simplement de pinailler sur des détails, mais aussi de pouvoir retranscrire l'âme d'un roman. Ceci mis à part, Patrick Dempsey capitalise toujours aussi bien sur son charme, tout en restant un peu sur la réserve. Comme si lui-même n'avait pas vraiment réussi à faire toute la vérité sur Harry Quebert.

(Conseil avisé : préférez la version originale à la française)
Une série créée par Richard Levine et Lynnie Greene avec Patrick Dempsey, Ben Schnetzer, Kristine Froseth... Dès le mercredi 21 novembre à 21h sur TF1.

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