La série “The English Game” : le “Downton Abbey” du football

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“The English Game” : la nouvelle série Netflix du créateur de “Downton Abbey” déçoit par Emilie Semiramoth

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Publié le Jeudi 26 Mars 2020

Oh non, pas du football ! Et bah si ! Et dans une mini-série même. Mais du football rétro, en mode lutte des classes. C’est Julian Fellowes, le créateur de "Downton Abbey", qui nous concocté ça. Et c’est sur Netflix. Verdict.

Le football, sport de gentlemen
Le football, c’est bien connu, avant de devenir le sport le plus populaire de la planète a d’abord été un sport d’élite. La forme moderne du jeu est née au sein des grandes écoles anglaises, par et pour des aristocrates. Mais comme on le découvre dès les premières minutes de The English Game, ce sport a très vite su séduire les classes ouvrières. Ainsi, dans les années 1870, lors de la Coupe d’Angleterre, de plus en plus d’équipes constituées d’ouvriers commencent à venir taquiner les Lords et autres fils de bonnes familles qui jusque là étaient les seuls maîtres du jeu.

Sur le terrain, on voit s’affronter deux joueurs d’exception. Fergus Suter (Kevin Guthrie), un ouvrier écossais débauché par un modeste patron d’usine anglais pour le faire jouer dans son équipe. Et Arthur Kinnaird (Edward Holcroft), un aristocrate d’abord élitiste mais qui va parcourir un joli chemin intérieur à force d’être confronté à la réalité précaire d’adversaires n’appartenant pas à sa condition.

Match nul
Seulement, voilà, le résultat est loin d’être aussi satisfaisant qu’on aurait pu l’espérer. Julian Fellowes articule la lutte des classes avec une maladresse caricaturale. Les méchants ne sont pas si méchants. Les gentils ne sont pas toujours gentils. Et à force de vouloir trouver des excuses à chacun, il se perd tout seul dans ses zones de gris où finalement les mécanismes de domination ne seraient pas si néfastes, à la seule condition de réduire un peu les inégalités…

Autre regret notable : l’absence de personnages féminins forts. Dans Downton Abbey, elles étaient plus d’une à avoir du caractère et à le faire savoir, de Lady Violet Crawley (impétueuse Maggie Smith) à Lady Mary (Michelle Dockery, tout en chaud et froid). Dans The English Game, les femmes s’en tiennent à prendre un air compassé et à n’exister qu’à travers leur mari. Et si elles ont droit à un arc narratif propre, elles restent malgré tout bien fades à côté de ces messieurs. À cette vision faussement moderne de la fin du XIXème siècle, on a envie de dire à Julian Fellowes, gentiment mais fermement : "OK boomer".

"The English Game", une série créée par Julian Fellowes, Tony Charles, Oliver Cotton avec Kevin Guthrie, Edward Holcroft, Charlotte Hope… Sur Netflix.

Émilie Sémiramoth

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