La série "His Dark Materials : À la croisée des mondes" a-t-elle le potentiel pour succéder à "Game of Thrones" ? La série "His Dark Materials : À la croisée des mondes" a-t-elle le potentiel pour succéder à "Game of Thrones" ?

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La série "His Dark Materials : À la croisée des mondes" a-t-elle le potentiel pour succéder à "Game of Thrones" ? par Emilie Semiramoth

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Publié le Mercredi 6 Novembre 2019

Adaptée des romans de Philip Pullman, "His Dark Materials" propose une épopée assez bluffante et formidablement incarnée par la jeune Dafne Keen. Grosse machinerie mais jolis rouages.

À la lettre
Adaptation fidèle des romans de Pullmann, His Dark Materials se déroule dans un monde très proche du nôtre à quelques différences près. La jeune Lyra Belacqua (Dafne Keen), 12 ans, a été confiée bébé aux maîtres du Jordan College à Oxford et propage depuis sa fougue et son caractère intrépide partout dans les couloirs de l’institution. La Poussière, une particule élémentaire dotée d’une conscience, a été découverte par son oncle Lord Asriel (James McAvoy). Cette découverte provoque l’ire du Magisterium, l’organisation religieuse et autoritaire qui dirige ce monde, qui a décrété que La Poussière était liée au péché originel. Alors que des enfants sont mystérieusement enlevés – dont son meilleur ami Roger – Lyra quitte Oxford pour accompagner à Londres l’intrigante Marisa Coulter (Ruth Wilson) qui lui offre son aide pour rechercher Roger. C’est le début d’une longue épopée sous forme de voyage initiatique pour la jeune fille qui va explorer ce monde et peut-être d’autres.


Un peu scolaire
Chargé de cette adaptation, Jack Thorne – scénariste de This Is England et dramaturge connu pour la pièce de théâtre Harry Potter et l’enfant maudit – a le souci constant de familiariser petit à petit le spectateur néophyte à cet univers riche et complexe. Il en ressort une forme de didactisme qui ralentit le rythme des quatre premiers épisodes mis à disposition de la presse. Cela peut paraître préjudiciable à l’heure de la Peak TV (cette croissance exponentielle des séries télé depuis 10 ans) où le binge-watching est devenu la règle. Mais cela a plutôt valeur de précaution pour installer un récit, promis à haute teneur politique et philosophique, et des personnages venus de différents mondes. Leur introduction se fait d’ailleurs au compte-goutte, il faut donc s’armer un peu de patience avant de voir l’histoire véritablement démarrer. Cependant, chaque épisode réserve son lot de surprises et de fulgurances visuelles.

Laisser la magie opérer
Malgré ce démarrage timide, impossible de ne pas se laisser hypnotiser par la beauté de cette production. Pour l’occasion, HBO et la BBC ont uni leurs forces et cela se voit à l’image. En plus d’un casting irréprochable, les effets spéciaux sont dignes d’une superproduction cinématographique. Mention spéciale aux "dæmons", ces incarnations animales de l’âme de chaque personnage. Ce lien indéfectible entre humains et dæmons donne une idée de la dimension philosophique de la série qui promet de se développer dans les épisodes à venir. C’est à la fois une manière de recréer un rapport direct à la nature, malgré le monde moderne tout autour, et d’annihiler l’individualisme forcené de notre société actuelle puisque le "nous" se met à remplacer le "je". À ce stade, His Dark Materials promet d’être une série humaniste, féministe et anticléricale. Lyra semble hermétique à toute forme d’autorité et de pouvoir vertical. En plus d’avoir une jeune fille au cœur de son récit, la série présente toutes les autres femmes comme ayant vocation à exister par elles-mêmes et elles n’ont rien de faire-valoir. Enfin, se dessine une critique virulente de l’Église dépeinte sous la forme d’un régime autoritaire au décorum fasciste. Il ne nous en fallait pas plus pour envie de voir la suite.

"His Dark Materials : À la croisée des mondes", une série créée par Jack Throne avec Dafne Keen, Ruth Wilson, Clarke Peters… Dès le 5 novembre à 21h sur OCS City.

 

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