"La Casa de Papel", partie 4 : un plaisir coupable toujours aussi addictif "La Casa de Papel", partie 4 : un plaisir coupable toujours aussi addictif

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"La Casa de Papel", partie 4 : un plaisir coupable toujours aussi addictif par Emilie Semiramoth

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Publié le Vendredi 3 Avril 2020

Nul ne peut le nier, "La Casa de Papel" est une série phénomène. Passée sous le giron de Netflix pour encore mieux surfer sur la vague d’un succès international, la série espagnole est-elle restée divertissante ?

Bis repetita
Quand on a découvert en juillet dernier la partie 3 de La Casa de Papel, soit le début de la saison 2 (oui c’est foutraque), il y avait un air de déjà vu. Encore un casse du siècle. De la fabrique de la monnaie, on est passé à la Banque d’Espagne. Et cette fois-ci, les braqueurs révolutionnaires n’impriment plus des billets mais font fondre de l’or. La même chose en plus grand. Clairement, si Álex Pina (le créateur) s’est vu fournir des moyens substantiels par Netflix, il n’en a pas pour autant renouvelé ses idées. Et ça continue dans cette partie 4. On reprend pile là où on s’est arrêté. Avec Nairobi entre la vie et la mort, Lisbonne arrêtée par la police et faussement exécutée pour mieux accabler le Professeur, lequel est tombé dans le piège comme un bleu ! La dynamique s’inverse comme dans un effet miroir mais les enchaînements restent les mêmes.

Ay patatras 
L’inspiration peine à venir et on devine les scénaristes en train de tirer à la ligne à chaque scène. Le rythme, même s’il conserve une certaine cadence, semble en permanence truqué. La moindre idée est étirée en longueur pour occuper le plus d’espace possible. Les flashbacks prennent une place disproportionnée et complètement gratuite. Même Le Professeur commence à se prendre les pieds dans le tapis et semble dépassé. Il faut dire aussi que pour "évoluer" la série a dû céder à ses principes éthiques. Le plus important étant l’usage de la violence contre les otages mais aussi les forces de l’ordre. Et depuis qu’à la fin de la partie 3, les braqueurs ont répondu à un assaut de la police à coup de bazooka, le bateau prend l’eau. Chaque personnage continue de s’enliser dans des sables mouvants. Les bandits perdent de leur superbe et tombent dans le cliché du banal malfrat.

L’agacement addictif
Sur les quatre épisodes mis à la disposition de la presse, pas un seul moment satisfaisant n’a su émerger. Le discours politique anti-système a fondu comme neige au soleil. On n’est plus que dans la basse vengeance. Alors que reste-t-il ? Une Tokyo toujours aussi irritante. Un Rio toujours aussi pleurnichard. Un Denver toujours aussi lourd. Et alors qu’on peste toutes les cinq minutes devant notre écran, on ne parvient pourtant pas à détourner le regard. Il y a quelque chose d’insupportablement addictif dans cette série qui a tout oublié de la psychologie des personnages ou d’un quelconque sens du réalisme mais qui mise tout, tout le temps, sur l’instant d’après. Et on se retrouve suspendus comme des benêts à se demander comment tout ça va bien pouvoir finir… Ça tombe bien, on a le temps.

 

La Casa de papel, une série créée par Álex Pina avec Úrsula Corbeŕo, Álvaro Morte, Alba Flores… Sur Netflix

 

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