"Hollywood" : la nouvelle série de Ryan Murphy qui réinvente l’âge d’or du cinéma "Hollywood" : la nouvelle série de Ryan Murphy qui réinvente l’âge d’or du cinéma

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"Hollywood" : la nouvelle série de Ryan Murphy qui réinvente l’âge d’or du cinéma par Emilie Semiramoth

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Publié le Jeudi 7 Mai 2020

Depuis toujours, Ryan Murphy a à cœur de défendre les minorités visibles et invisibles et recourt pour ce faire à des séries chocs qui bousculent les conventions. Ô joie !

Les derniers sont les premiers
Ils s’appellent Jack, Raymond, Archie, Camille ou encore Roy… Ils sont jeunes, beaux et rêvent de gloire. Ils ont tout pour que Hollywood leur tende les bras. Ils font tout pour y parvenir. Et c’est pourtant tout le contraire. Parce qu’à Hollywood, alors que l’industrie tourne à plein régime au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il n’y pas de place pour les homosexuels, les Noirs, les métis… Les femmes, quant à elle, sont cantonnées à n’être que des objets de désir. En résumé, la série adopte un point de vue militant, féministe et égalitaire, qui ne fait pas que fustiger une époque passée mais trouve bel et bien une résonance avec les temps actuels.

© Netflix

L’envers du décor
À grand renfort de documentation et d’anecdotes croustillantes, Hollywood lève le voile sur un univers misogyne, raciste, homophobe où le fameux code Hays – texte censeur qui impose des représentations dites morales – est en vigueur. Le côté obscur de l’industrie du rêve se retrouve en pleine lumière. Ainsi, de purs personnages de fiction côtoient de vraies célébrités. Dont une en devenir. On assiste ainsi aux débuts de Rock Hudson (Jake Picking). L’acteur, iconique, qui a fait naître de nombreuses passions sur grand écran, a aussi été la première vedette à révéler son homosexualité à la fin de sa carrière en annonçant qu’il était atteint du sida. On découvre les manipulations de Henry Willson (incroyable Jim Parsons), agent artistique, révélateur de bellâtres contraints de passer par la "promotion canapé" pour accéder aux castings. La série décortique aussi les mécanismes des studios, véritables machines à fabriquer des gloires et briser des rêves.

© Netflix

L’âge d’or d’Hollywood idéalisé
Hollywood prend la forme d’un manifeste avec des premiers rôles qui, à l’époque, n’auraient pu espérer mieux que quelques incarnations caricaturales. Darren Criss interprète un réalisateur métis d’origine asiatique qui revendique son héritage culturel. Jeremy Pope, véritable révélation de la série, joue un jeune scénariste noir et homosexuel animé par une volonté farouche et indéboulonnable. Bien sûr, le style Ryan Murphy fait mouche tout au long des sept épisodes. Fait de provocation, de glamour et de représentations camp, ce style si particulier s’épanouit dans une production luxuriante et tape-à-l’œil, avec ce petit brin de vulgarité qui le rend curieusement irrésistible. Cette mini-série vibre et vrombit à chaque instant. C’est une ode à la culture queer et à l’intersectionnalité. Bref un pur moment de bonheur.

"Hollywood", une série créée par Ryan Murphy et Ian Brennan avec Darren Criss, Jim Parsons, Patti LuPone… disponible sur Netflix.

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