"Fleabag" et "The Good Fight" : les 2 séries essentielles à voir sur Amazon Prime Video

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"Fleabag" et "The Good Fight" : les 2 séries essentielles à voir sur Amazon Prime Video par Emilie Semiramoth

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Publié le Dimanche 16 Juin 2019

L’une est anglaise, l’autre américaine. Aucune ne manque de mordant ou d’à propos. Elles sont toutes deux brillantes, drôles, les deux pieds bien ancrés dans leur époque. Et leurs héroïnes sont formidables.

'Fleabag', retour et fin
Il y a trois ans, Phoebe Waller-Bridge se révélait aux yeux du monde comme un diamant brut. On a découvert une trentenaire iconoclaste qui était capable de nous faire nous tordre de rire et de nous coller une grosse boule de tristesse dans la gorge, non seulement dans le même épisode, mais dans la même minute. Les épisodes de cette saison 1 étaient tellement parfaits qu’on avait peur que le miracle ne se reproduise pas et du coup, on a accueilli l’annonce de la saison 2 avec circonspection. Grave erreur.

Cette saison s’ouvre sur un dîner comme on n’oserait pas en rêver dans nos pires cauchemars (en fait si, quand on a un goût pour l’apocalypse). La petite famille est réunie au restaurant pour célébrer le futur mariage du père de Fleabag avec celle qui joue leur marâtre (géniale Olivia Colman) depuis le début. Est aussi présent un séduisant jeune homme (Andrew Scott, divin !) au franc-parler assez irrésistible et qui n’est pas un blind date surprise de Fleabag – parce que tout le monde désespère de la voir seule – mais… le prêtre qui officiera au mariage. Bien sûr, l’alchimie entre les deux est telle qu’il y a des chances pour que la suite ne soit pas très catholique. Les cinq petits épisodes qui suivent consistent à mettre Fleabag sur le chemin de la rédemption : faire le deuil de sa mère, faire le deuil de son amie Boo et faire le deuil de ses deuils. Au passage, elle se rapproche de Claire et fait du gringue à Kristin Scott Thomas. On rit mille fois par épisode, surtout quand elle nous rend complices de ses saillies en brisant le fameux "quatrième mur" avec ses adresses directes à la caméra. On rit, mais il y a cette fichue boule de tristesse qui nous étreint encore. Surtout à la fin, quand Fleabag s’adresse à nous pour la dernière fois. Parce qu’il n’y aura pas de saison 3. Et parce qu’elle n’a plus besoin de nous. On ne vous dira pas pourquoi…

"Fleabag", une série créée par Phoebe Waller-Bridge avec Phoebe Waller-Bridge, Olivia Colman, Andrew Scott… Saison 2 disponible depuis le 17 mai sur Amazon Prime Video.

"The Good Fight", monde de fous
Même si The Handmaid’s Tale se défend bien, The Good Fight gagne haut la main au concours de la série la plus politique du moment. Spin-off de The Good Wife, arrivé sur les écrans juste après l’élection de Donald Trump, ce drame judiciaire ne décolère pas. Son héroïne, Diane Lockhart, fulmine de rage de voir son pays pris en otage par un président qu’elle honnit. Une rage saine qu’elle centre sur son club privé de résistance. Oui, Diane intègre un club privé de résistance. Parce qu’elle a décidé de mener la guerre contre Trump. L’obsession du personnage est devenue celle de la série toute entière et des King bien sûr (les créateurs) en arrière-plan.

Cette saison devient une sorte de thérapie au cours de laquelle chacun tente à sa façon de soigner ses propres traumas, lesquels sont souvent en connexion avec l’air du temps. Trump et la politique pour Diane. La question raciale au sein du cabinet Reddick, Boseman, Lockhart. Estampillé "cabinet afro-américain", ce dernier voit arriver pleins de nouveaux collaborateurs blancs et ça crée des tensions. Dans ce contexte, Lucca – femme métisse, ayant depuis le début pris le parti d’être impartiale – se retrouve prise entre deux feux. Quant à Maia, elle continue de payer le prix des fautes de son père avec l’infamie pour seul héritage. Dans ce paysage pour le moins chaotique, un nouveau trublion fait une entrée fracassante en la personne de Roland Blum, un avocat républicain excentrique et anticonformiste. Tout ça à la fois. Et surprise, c’est un Michael Sheen absolument diabolique qui s’est dévoué pour incarner ce personnage improbable. Un véritable satyre qui coche toutes les cases : débauché, lubrique, exhibitionniste, pervers et génialement malin. The Good Fight regarde le monde comme s’il était au bord du précipice et ne cesse de tirer la sonnette d’alarme. Mais est-ce que quelqu’un entend ?

"The Good Fight", une série créée par Michelle King, Robert King et Phil Alden Robinson avec Christine Baranski, Cush Jumbo, Rose Leslie… Saison 3 disponible depuis le 29 mai sur Amazon Prime Video.

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