"Euphoria" : la série teen et extrême de HBO avec Zendaya "Euphoria" : la série teen et extrême de HBO avec Zendaya

Séries 

"Euphoria" : la série teen et extrême de HBO avec Zendaya par Emilie Semiramoth

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

2 minutes

Publié le Mardi 18 Juin 2019

Première incursion de la chaîne HBO dans l’univers de l’adolescence, "Euphoria" – produite par Drake – brise toutes les conventions du genre. Sexe et drogues composent les éléments essentiels de cette série tout sauf tendre.

Skins 2.0
À la fin des années 2000, la britannique Skins a choqué une bonne partie d’adultes qui découvraient la vie cachée des ados. Et si la série de E4 n’a jamais lésiné sur les sujets graves (deuil, addictions…), elle a toujours su conserver un esprit bon enfant et trouver des interstices de lumière dans des vies souvent chaotiques. Euphoria en reprend les bases mais l’emmène à un niveau bien supérieur et assume pleinement son humeur très sombre.

On y suit Rue (Zendaya) née trois jours après le 11 septembre 2011. Cette infortune pose les fondamentaux de cette série. Euphoria nous raconte cette génération née au tournant d’une nouvelle ère violente et implacable. Contrairement aux générations précédentes qui ont connu la guerre mais qui avaient un ennemi concret, celle-ci voit le chaos capable de surgir n’importe où, n’importe quand, avec le sentiment de se battre contre des moulins à vent. De fait, elle a le sentiment d’être dans ce monde avec tout espoir tué dans l’œuf. Ce postulat détermine tout le reste. D’où la vie de Rue qui se traîne comme une vieille âme damnée. Son père décédé d’un cancer, sa mère semble dévouée à ses deux filles. Cela n’a pas empêché la lycéenne de sombrer dans la drogue et de faire une overdose, trouvée par sa petite sœur gisant dans son vomi. Après un séjour en cure de désintoxication, elle n’a qu’une idée en tête dès sa sortie : planer encore et encore. Echapper à son quotidien.

Freaks et pas geeks
Jules (Hunter Schafer), nouvelle arrivée dans son lycée, est une jeune fille trans qui se lie d’amitié avec Rue. Totalement à l’opposé, c’est un vrai rayon de soleil. Elle trimballe avec elle une joie indéfectible et semble tout droit sortie d’un dessin animé. Nate (Jacob Elordi), lui, a tout du psychopathe. Pas étonnant quand on découvre sa famille. Son père incarné par un Eric Dane malsain au possible collectionne les vidéos de ses frasques sexuelles avec de très jeunes filles. Nate a donc tout du mâle alpha, misogyne, manipulateur et pervers narcissique. Ça fait beaucoup pour une seule personne. Il y a aussi la petite galerie de bimbos qui ne jurent que par leur physique. Et Kat (Barbie Ferreira), d’abord complexée parce que rondelette et encore vierge. Elle va vite s’affirmer dans sa féminité en perdant sa virginité mais semble avoir du mal – dans les premiers épisodes en tous cas – à trouver son empowerment autrement que dans son nouveau statut d’objet sexuel. Tous ces gamins qui n’en sont plus vraiment portent leur spleen partout sur l’écran et nous fichent bien le bourdon.

Série contraceptive
Pour raconter l’histoire de ces adolescents, le créateur Sam Levinson (fils de Barry Levinson à qui l’on doit Rain Man) s’est beaucoup inspiré de ses propres expériences. En tant qu’ancien toxicomane, c’est surtout au personnage de Rue qu’il a transmis son mal-être d’avant. Bien loin de se contenter de montrer l’euphorie provoquée par la prise de drogues, il passe bien plus de temps à montrer l’après. La descente, le manque et la famille autour complètement détruite et traumatisée. Zendaya est époustouflante dans le rôle de Rue. Elle n’est pas une ado tête à claques et écervelée. On la sent bouffée par le vide et une douleur grandissante qu’elle ne sait pas comment taire.

Visuellement, Euphoria ne lésine pas sur les images chocs. Pénis en érection, plus de pénis en quatre épisodes que dans tout Game of Thrones, scènes de sexe explicites. Outre son attachement au réalisme anatomique, la réalisation "tabasse" aussi dans des moments aussi forts que dérangeants. Dans le premier épisode, le trip de Rue donne lieu à une mise en scène bluffante qui défie la loi de la gravité. Clin d’œil à Trainspotting. Le travail sur la lumière est aussi particulièrement réussi, notamment dans les fêtes et les soirées quand les couleurs de l’arc-en-ciel se reflètent sur les visages des protagonistes. Incontestablement, Euphoria ne peut pas laisser indifférent. Son but même est de provoquer le malaise. Mais jusqu’où ? Elle a le mérite de nous pousser à la réflexion quant au réel malaise ressenti par les ados d’aujourd’hui. Elle porte aussi tous les arguments pour convaincre tout couple ayant un projet d’enfant d’être sérieusement remis en question, voire annulé…

NB : interdit aux moins de 16 ans

"Euphoria", une série créée par Sam Levinson avec Zendaya, Hunter Schafer, Barbie Ferreira… Le lundi à 22h05 sur OCS City à partir du 17 juin.

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires