"Collateral" : un thriller – presque réussi – avec Carey Mulligan "Collateral" : un thriller – presque réussi – avec Carey Mulligan

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"Collateral" : un thriller presque réussi avec Carey Mulligan par Emilie Semiramoth

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Publié le Lundi 19 Mars 2018

Retrouver Carey Mulligan dans une mini-série constitue en soi une bonne nouvelle, surtout si c'est pour la voir dans le rôle d'une flic et pas celui d'une petite chose fragile. Pourtant Collateral ne nous pas totalement convaincues. On vous explique pourquoi. (Attention spoilers)

À Londres, un livreur de pizza est abattu de deux balles dans la rue. L'inspectrice Kip Glaspie (Carey Mulligan), mène l'enquête et refuse d'y voir un crime isolé. Lorsqu'elle découvre que la victime est fraîchement arrivée du Moyen-Orient, son instinct lui laisse penser qu'une vérité bien plus complexe se cache derrière. De l'assassin aux témoins en passant par diverses personnes liées de près ou de loin à cette affaire, on va croiser une fourmilière de personnages, tous d'horizons très variés, comme on n'en voit qu'à la télévision britannique. (Merci la BBC.)

Bon sujet, mauvais genre

Sur le papier, le pitch de départ est assez classique mais à l'écran aussi. On aurait adoré vous dire que Collateral est une série exceptionnelle qui réinvente le genre du thriller ou redéfinit les contours du drame mais il n'en est rien. David Hare, connu pour être le scénariste de The Hours et The Reader, signe ici sa première série télé. Son objectif ? Parler de l'immigration clandestine et du sort réservé à celles et ceux qui cherchent un avenir meilleur voire un avenir tout court en Grande-Bretagne. Malheureusement, même si on adhère au sujet de fond, son message ne connaît pas le retentissement nécessaire, abordé comme tel dans le genre du thriller et du policier. On passe au final trop de temps du côté de Kip Glaspie – aussi brillante soit-elle – et de l'enquête pour véritablement tourner les projecteurs sur ceux qui devraient tenir les premiers rôles, à savoir les migrants. Ils ne sont ici que des personnes à qui l'on assigne avec compassion l'étiquette de victimes, mais qu'on relègue à l'arrière-plan.


BBC/The Forge

Des personnages secondaires réussis

On ne renie pas tout pour autant. Contrairement à de trop nombreux thrillers, Collateral se distingue par ses personnages secondaires qu'on a envie de découvrir encore davantage. En prime, ils sont servis par des acteurs de première classe, déjà bien connus des sériephiles. Jane Oliver, une femme prêtre anglicane et homosexuelle incarnée par l'excellente Nicola Walker, pourrait à elle seule faire l'objet d'un spin-off. Les déboires du député travailliste David Mars (John Simm) au  sein de son parti et avec son ex-femme (Billie Piper) forment presque une série à part entière. Et on ne demande qu'à voir un prequel sur le Capitaine Sandrine Shaw (Jeany Spark), une femme soldat sacrifiée à tous les niveaux, aussi émouvante qu'impardonnable. David Hare brosse leurs portraits avec justesse et précision. Leurs histoires personnelles, leurs personnalités nous attachent et nous interrogent presque instantanément. Ils sont riches, complexes, émouvants. Et tous en prise avec des conflits moraux de premier ordre. Des qualités suffisamment rares pour être soulignées.

Parfaite Carey Mulligan

Mais au final, seule Carey Mulligan tire véritablement son épingle du jeu. Malgré un sujet mal exploité et un format de quatre épisodes – où l'intrigue se perd parfois dans des méandres inutiles – c'est son magnétisme décontracté et sa moue volontaire qui restent imprimés dans la rétine. Elle incarne une flic à la Frances McDormand dans Fargo : une ancienne athlète de haute niveau, reconvertie dans la police, qui ne dort pas et ne rentre pas chez elle sur les quatre jours que dure son enquête. Et ce, malgré une grossesse qui pointe le bout de son nez. Elle présente une femme déterminée, habitée par des principes, une ambition et une quête de justice, tous indéboulonnables. Les Britanniques ont cette particularité de faire des séries avec des saisons courtes, comme Sherlock qui livre seulement trois épisodes tous les deux ans... C'est certes un peu frustrant, mais c'est aussi la promesse d'un rendez-vous avec quelqu'un à part, avec qui chaque rencontre assure d'être aussi enrichissante que la précédente. On aurait plaisir à retrouver ainsi sur la durée Kip Glaspie. À bon entendeur...

"Collateral", une série de David Hare avec Carey Mulligan, John Simm, Nicola Walker... le 9 mars sur Netflix


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