"Catch-22" : la satire ratée de George Clooney sur la guerre "Catch-22" : la satire ratée de George Clooney sur la guerre

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"Catch-22" : la satire ratée de George Clooney sur la guerre par Emilie Semiramoth

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Publié le Lundi 20 Mai 2019

Cette mini-série, co-réalisée par George Clooney, et dans laquelle il tient un petit rôle, dénonce les horreurs de la guerre. Adaptée du roman éponyme de Joseph Heller, culte outre-Atlantique, Catch-22 est bien mais c’est pas assez.

Mini-série Deluxe
Tout le monde l’appelle Yoyo. Son vrai nom c’est John Yossarian (joué par le magnétique Christopher Abbott). Il est beau comme une star de cinéma de l’âge d’or d’Hollywood. Mais Yoyo a un problème. C’est la Deuxième Guerre mondiale, il est bombardier sur un B-25 de l’US Air Force et il n’a pas envie de mourir. Avec son supérieur qui ne cesse d’augmenter le nombre de missions, il a l’impression qu’il joue sa vie à la roulette russe. Ce n’est d’ailleurs pas qu’une impression. Yoyo cherche alors par tous les moyens à rester au sol. Il voudrait se faire passer pour fou mais une règle de l’armée, la fameuse catch-22, l’empêche de resquiller. En effet, cette règle absurde et cynique stipule que les soldats ne peuvent pas voler s’ils sont certifiés fous. Or, s’ils le demandent, c’est la preuve qu’ils sont sains d’esprit et donc aptes au combat.

Catch-22 a tout de la mini-série événement censée faire buzzer le printemps. Avec George Clooney au générique, Kyle Chandler, Hugh Laurie… L’artillerie lourde est de sortie. D’autant plus que le projet est ambitieux visuellement. Sur les deux premiers épisodes que nous avons pu voir – réalisés par Clooney – l’ambition s’affiche en grand format. Les scènes de combats aériens sont assez bluffantes. La production est dispendieuse, l’image léchée. Tout y apparaît tiré à quatre épingles et propre comme un sou neuf.

What else ?
On connaît le goût de George Clooney pour l’absurde, après avoir servi certaines de ses plus belles performances devant la caméra des frères Coen. Dans Catch-22, c’est ce même humour qui est convoqué. Du moins sur le papier mais pas assez à l’écran. La série ne cesse de dénoncer l’absurdité de la guerre mais ne parvient pas à en faire la démonstration. Un peu comme ce pauvre garçon qui s’appelle Major Major Major – parce que son papa avait un certain humour – qui commence toujours par dire "c’est une histoire drôle" quand il doit donner des explications sur son nom et finalement, on ne rit pas vraiment. Quand il s’agit de montrer l’horreur de la guerre et sa cruauté, Catch-22 accomplit pleinement son devoir. Mais la série est censée être une satire. Ce devrait être un brûlot politique qui ne s’autorise aucune tiédeur, qui pousse le bouchon beaucoup trop loin et en fait des tonnes pour démontrer l’inanité et l’injustifiable de cette guerre et cette bureaucratie. Elle devrait montrer un monde qui marche sur la tête. Or elle reste bien trop sage et lisse. Bien sûr, certaines scènes valent le détour. Clooney est furieusement drôle en lieutenant Scheisskopf ("shithead" en anglais qu’on peut poliment traduire par "abruti"), hystérique et amoureux absolu de défilés militaires. A contrario, la frustration s’avère immense quand on constate qu’on demande juste à Hugh Laurie d’être flegmatique alors qu’il a un potentiel comique abyssal. On aurait vraiment adoré si les auteurs avaient eu les coudées plus franches.

"Catch-22", une série créée par Luke Davies et David Michôd avec Christopher Abbott, Kyle Chandler, Hugh Laurie…
À partir du 23 mai, les jeudis à 21h sur Canal+

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