"Sapés comme jadis", le compte instagram qui instruit les férus de mode "Sapés comme jadis", le compte instagram qui instruit les férus de mode

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"Sapés comme jadis", le compte instagram qui instruit les férus de mode par Antoine Ferreira-Mendes

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Publié le Jeudi 2 Mai 2019

D’où vient le legging ? L’imprimé léopard? Ces tendances mode, on les doit au temps jadis, cette époque révolue à l’origine des phénomènes vestimentaires actuels. Pour les passionnés ou juste ceux qui veulent pouvoir étaler leur culture mode comme de la confiture, il y a le compte Instagram, "Sapés comme jadis". Cet espace décrypte ce qui est "in", documentation et humour fin à l’appui.

La mode est un renouvellement infini de ce qui a été fait auparavant, tout le monde le sait. Mais les tendances ne proviennent pas seulement de collections ultérieures, on les doit avant tout au temps jadis, qui peut dater de plusieurs siècles. Sur Instagram, le compte ingénieux, Sapés comme jadis, décrypte plusieurs tendances mode, en revenant sur leurs origines. L’imprimé léopard, le legging, les soutiens-gorge en diamants de Rihanna, le street-wear et sa diversité de looks… Le compte fourmille de références historiques, apportant à la mode une richesse culturelle souvent ignorée.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mata Hari n’est pas vraiment connue pour ses habits. Son succès vient plutôt de ce qu’elle les enlève les uns après les autres avant de se trémousser dans une demi-douzaine de voiles transparents. La jeune femme ondule plus qu’elle ne danse, mais on s’en fout : c’est lascif, et ça fait oriental. D’autant plus qu’elle raconte être née à Java, et tenir son art d’habiles prêtresses indiennes. En tout cas, les banquiers et hommes d’affaire qui viennent l’applaudir trouvent ça absolument super. Pourtant, Mata Hari est ce qu’il est généralement convenu d’appeler une grosse mytho : elle s’appelle en fait Margaretha-Geertruida, et vient des Pays-Bas. Après un mariage raté aux Indes néerlandaises, elle est revenue en Europe avec l’ambition avouée de faire de l’argent, du flouze, des pépètes. Car Mata aime les trucs chers, les plus belles robes, les grosses fourrures, et les bijoux qui brillent. Malheureusement, la mode de l’orientalisme kitsch ne dure pas, vite remplacée par la folie des Ballets russes, où les gens savent vraiment danser. Refoulée au casting, Margaretha se rapproche des services secrets français, avec l’idée qu’elle peut gagner sa vie en faisant parler les hommes, même quand ils sont allemands, ce qui tombe bien car c’est la Première guerre mondiale. Mais alors qu’elle se rend en Belgique pour une sorte de première mission, Mata trébuche sur un officier allemand, et se trouve accusée d’être un agent double. L’espionne se défend, mal, en expliquant qu’elle ne cherchait qu’à se venger de l’Allemagne, pour une sombre histoire de fourrures confisquées quelques temps auparavant. Après un procès expéditif, et sans preuves, Margaretha est fusillée un matin d’octobre 1917, à Vincennes, sans avoir pu se laver les cheveux.

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En plus de décrypter les tendances, Sapés comme jadis revient aussi sur des anecdotes, comme les choix vestimentaires de la reine Elisabeth II. Toujours sapée comme un petit stabilo fluo, d’une couleur unique et vive en lien avec le lieu ou l'évènement auquel elle se rend, tout dans son style est en fait stratégique. "Si Elizabeth a décidé de consister en un manteau rectangulaire fluo et un couvre-chef rond assorti, c’est parce qu’elle mesure 1m63, et qu’elle a besoin d’être signalée de loin. Elle a donc créé une sorte de charte graphique qui permet de l’identifier immédiatement au milieu d’une foule et de montrer qu’elle est la reine, sans avoir à trimballer sa couronne", détaille Yvane Jacob, créatrice du compte à la plume bien aiguisée.

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