Paris-Londres, Music Migrations 1962-1989: une expo que tout le monde – y compris Donald Trump - doit voir ! Paris-Londres, Music Migrations 1962-1989: une expo que tout le monde – y compris Donald Trump - doit voir !

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"Paris-Londres Music Migrations" : une expo que tout le monde doit voir (Y compris Donald Trump ! ) par Erick Grisel

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Publié le Vendredi 15 Mars 2019

Bon, c’est vrai, il suffit qu’on soit "obligé" pour que cela nous coupe l’envie. Mais quand même: une visite à cette expo ludique et passionnante remettrait les pendules à l’heure: en France, comme en Angleterre, la culture musicale serait bien pauvrette si elle n’avait rencontré celle des travailleurs immigrés.

Savez-vous que Millie Small fut la première chanteuse jamaïcaine à faire un tube en Angleterre avec My Boy Lollipop (en 1964) ? Que le Flamingo, dans Soho, fut le premier club à utiliser un "Sound System" et à jouer du ska ? Qu’en France, Claude Nougaro et Bernard Lavilliers ont aidé à la création du premier festival de musique africaine, African Fête en 1976. Que le Français Rachid Taha avait collaboré avec les Anglais de The Clash. Que Poly Styrene fut l’une des rares femmes métisses de la scène punk ? Non ? Et bien nous nous plus ! Et ce n’est que quelques exemples de ce que l’on a retenus, non pas en lisant des kilomètres de textes mais en s’immergeant dans un parcours musical (films d’époques, photos, pochettes de disques et témoignages inédits à l’appui) au musée de l’Histoire de l’Immigration, près du bois de Vincennes, à Paris.

Pourquoi ce lapse de temps 1962-1989 ? Parce que durant cette période, les migrations en France et en Angleterre ont été à la fois économiquement souhaitées et politiquement refoulées. Et que ce cruel paradoxe ne pouvait avoir que des incidences sur la culture de ces deux pays, et en particulier sur la création musicale. Pour convaincre des artistes de l’époque de collaborer avec eux, les trois commissaires de l’exposition ont dû faire œuvre de persuasion. C’est que le musée de l’histoire de l’immigration ne possède pas le même prestige que le Centre Beaubourg ou la Philharmonie de Paris. Et que le mot "immigration" ne sonne pas vraiment glamour. Mais ils ont réussi. Et la veille de l’ouverture de l’expo, certains de ces artistes étaient présents, quasi des légendes comme le DJ, musicien et réalisateur Don Letts (plus bas en photo) immortalisé par une pochette de The Clash où on le voit affronter une horde de policiers anglais. "En fait, je ne les affrontais pas, j’essayais de fuir ceux qui venaient de l’autre côté " nous a raconté le fringant sexagénaire, coiffé de son éternel bonnet rasta, qui a confié ses objets, instruments et archives personnelles à l’expo. En rencontrant Don, tout comme le très souriant photographe reporter Willy Vainqueur ou le producteur réalisateur Martin Meissonier, on s’est dit que l’art et la passion conservaient décidément bien plus qu’une séance de botox. Et en pénétrant dans l’immense studio de l’expo, où résonnait la musique des reggae men Desmond Dekker et Laurel Aitken, on aurait bien voulu s’affaler sur les coussins jonchant le sol pour y passer le reste de la journée. "Il faudrait faire venir Donald Trump ici !" a plaisanté Don Letts à l’issue de cette visite. On est bien d’accord. Ce parcours immersif, qui explore les liens complexes entre migrations, musiques, luttes antiracistes et mobilisations politiques, pourrait bien lui ôter à jamais l’envie d’élever certains murs.

Paris Londres, 1962-1989, Music Migrations du 12 mars 2019 au 5 janvier 2020 au Musée de L’histoire de l’Immigration, Palais de la porte Dorée, à Paris

Erick Grisel

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