"Crowd", de Gisèle Vienne: dirty dancing

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"Crowd" : un spectacle de danse qui vaut toutes les techno parades

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Au milieu des détritus, des corps en apesanteur se livrent au beats de la techno. Un show hypnotique qui nous rend (presque) nostalgique des rave-parties.

Cela fait dix-sept ans que la franco-autrichienne Gisèle Vienne crée sur le thème de la violence, et son nouveau spectacle, Crowd, serait la démonstration supplémentaire de son travail chorégraphique sur le sujet. Mais quelle violence ? Il s’agirait plutôt de provocations adolescentes et de rapprochements spontanés des corps dans ce nouveau show qui nous plonge dans l’univers des rave-parties. Combien sont-ils sur scène ? Quinze, mais on les devine cent ou mille, dans une carrière en plein air ou dans une usine désaffectée. On pense aux séquences dansées/syncopées du film 120 battements par minute. Sauf qu’ici, sur la scène du Centre Dramatique National des Amandiers à Nanterre, point de stroboscopes, mais des effets "gif" liés à la chorégraphie elle-même, alternant morceaux au ralentis et moments agités, désarticulés. D’autres chorégraphes auraient choisi de calquer les mouvements des danseurs sur les beats de la techno. Ici, les corps en apesanteur, en se dissociant de la musique (à tomber, au sens propre) de Peter Rehberg, nous révèle d'autant plus le caractère des "personnages", puisqu’il s’agit bien ici d’une pièce dansée écrite en collaboration avec la dramaturge Dennis Cooper.

En survêt, bomber ou short en jean, les danseurs et danseuses, tous splendides, semblent tout droit sortis de la série Skins. Il se toisent, s’étreignent, se rejettent dans un jeu ultra sensuel d’attraction-répulsion. Chacun nous raconte une histoire. Que sont venues chercher ces trois copines hilares ? Une pilule avec un smiley ? Cette fille au sac à dos pleure-t-elle parce que son mec est en train de coller un peu trop près un autre mec ? On détaille les vêtements, les taches de saleté sur la cuisse de l’une, la transpiration sur le t-shirt de l’autre. Les cheveux trempés de sueur semblent continuer les mouvements. On n’a qu’un regret : que le show soit trop long et redondant sur la fin, comme à peu près 80 % des spectacles vivants (on devrait imposer un monteur avec des ciseaux aux chorégraphes) "C’est normal de s’ennuyer par moments, nous a rétorqué un journaliste à qui on faisait part de cette unique réserve. Il suffit de se laisser porter."  C’te bonne blague !

Crowd, de Gisèle Vienne, aux Amandiers de Nanterre jusqu’au 16 décembre. Du 27 au 28 février au MC2 de Grenoble puis au Théâtre National de Bretagne du 6 au 9 février.


Erick Grisel

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