"Vox" et "Cotton County" : les deux romans les plus accrocheurs du printemps "Vox" et "Cotton County" : les deux romans les plus accrocheurs du printemps

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"Vox" et "Cotton County": les deux romans les plus accrocheurs du printemps par Sophie Rosemont

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Publié le Mercredi 27 Mars 2019

Mettant en scène des femmes qui, face à l’adversité, réussissent à affronter leur destin, "Vox" et "Cotton County" misent sur un fort potentiel "suspense". Et nous tiennent en haleine jusqu’à la dernière page !

VOX
L’ouverture:
« Si on m’avait dit qu’en une semaine, j’allais faire tomber le Président, le Mouvement Pur, et ce petit merdeux incompétent de Morgan LeBron, je n’y aurais pas cru. »

Le pitch: Mariée et mère de quatre enfants, Jean McClellan était une brillante docteure en neurosciences et passionnée par ses recherches jusqu’à ce qu’un mouvement fondamentaliste accède au pouvoir de son pays. La voici, comme toutes les autres femmes, dotée d’un bracelet "compte-mot"» qui lui envoie des décharges électriques si elle en dépasse 100 par jour. Jusqu’au jour où le frère du président a un accident et qu’on a besoin de ses services…

Pourquoi on l’aime: Pour un premier roman, Vox fait fort : les rebondissements se succèdent, les personnages ne sont jamais tout à fait ceux qu’on croit et l’humour allège heureusement l’ensemble. S’inscrivant dans la lignée de la cultissime Servante écarlate de Margaret Atwood, Christina Dalcher glisse son lectorat dans la peau d’une héroïne à la fois victime et volontaire, et ultra attachante. Et rend totalement crédible toute cette folle histoire à la fois contemporaine et dystopique.

Le petit truc en plus: Christina Dalcher sait de quoi elle parle puisqu’elle est docteure en linguistique depuis de longues années. Elle sait donc capter notre attention par des phrases très rythmées où chaque mot est pesé.
Christina Dalcher, Vox, Nil. Traduction de Michael Belano.

COTTON COUNTY
L’ouverture
 :« Genus Jackson fut mis à mort dans le comté de Cotton, Georgie, au cœur d’une nuit d’été de l’année 1930, alors que les jumeaux qui venaient de naître dormaient à poings fermés. »

Le pitch: Ces bébés ne sont pas comme les autres puisqu’ils ne sont pas de la même couleur. Leur mère, Elma, est blanche, et c’est un ouvrier noir qui va payer le prix de fautes qu’il n’a manifestement pas commises. Avec Nan, la domestique de la maison qu’elle considère comme sa sœur, Elma va devoir élever ses enfants dans l’ombre de son père, Juke, dont on va découvrir les pires travers au fil des pages...

Pourquoi on l’aime: Après un prometteur Alphabet City (qui suivait le parcours d’ados américains initiés au mouvement punk Straight Edge, dans le New York des années 80), Eleanor Henderson choisit le début du XXe siècle et le sud des Etats-Unis pour camper la solide intrigue qu’elle a imaginé pour Cotton County. Doté d’une grande vision romanesque mais aussi d’un souffle social assez intense, ce roman très maîtrisé est remarquablement bien écrit, donnant du sens à chaque détail et du corps à chaque personnage.

Le petit truc en plus: Alphabet City a aussi le mérite de cultiver la notion de sororité entre Nan et Elma qui s’impose face à un patriarcat blanc dont la toute-puissance ne peut plus durer très longtemps.
Eleanor Henderson, Cotton County, Albin Michel. Traduction d’Amélie Juste-Thomas.

Sophie Rosemont

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