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Une maison d’édition française réédite les écrivaines oubliées par Ophélie Manya

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Publié le Jeudi 28 Février 2019

Talents Hauts, une maison d’édition française qui publie des livres pour la jeunesse, a pris l’initiative de réhabiliter les écrivaines oubliées de la longue histoire de la littérature… Pourtant, ce ne sont pas les noms qui manquent, ni le talent, comme en témoigne cette nouvelle collection dédiées à ces femmes.

Réhabiliter les écrivaines effacées de l’histoire de la littérature, telle est la mission que s’est confiée Laurence Faron, fondatrice et directrice des éditions jeunesse Talents Hauts. Ces plumes, elle les a rassemblées dans une collection intitulée "Plumées". Pourquoi ce nom ? Car l’éditrice estime que ces femmes se sont fait voler leurs idées, leur carrière et leurs ambitions par le patriarcat. En témoigne le peu d’ouvrages de femmes étudiés dans les programmes scolaires de littérature, ou les rares noms féminins présents dans les textes patrimoniaux régulièrement réédités.

Pourtant, ce ne sont pas les autrices qui manquent. La preuve, la collection "Plumées" compte des centaines de textes allant du Moyen Âge au XXème siècle, qui n’avaient pas été édités depuis des dizaines d’années. "On se rend vite compte que, comme dans d’autres domaines, les femmes ont été invisibilisées, copiées, spoliées par le patriarcat", explique l’éditrice. Alors que, de leur vivant, ces femmes de lettres ont connu un grand succès. Les autrices des livres choisies pour inaugurer la collection en sont l’exemple : "Une femme m’apparut - L’Aimée" (1905) de la poétesse Renée Vivien," Isoline" (1882) par Judith Gautier, première femme membre de l’académie Goncourt, et, "Marie-Claire" de Marguerite Audoux qui a remporté le premier prix Femina en 1910.

Ces histoires, bien que datées, ont été sélectionnées pour leur caractère intemporel et leur potentiel à intéresser la jeunesse. Ainsi on retrouve dans "Plumées" des histoires d’amour, de famille, de voyage et d’aventure. Tout ça en format poche et au bas tarif qui y est associé. L’éditrice précise que l’un des objectifs de sa collection est d’éveiller la curiosité de cette cible : "Il faut faire prendre conscience aux jeunes lecteurs et lectrices d’aujourd’hui de l’immense gâchis de talents que constituent la domination masculine et le patriarcat." 

Mais c’est aussi un moyen d’inspirer les écrivaines de demain car, comme l’indique Laurence Faron, l’histoire montre que la spoliation des femmes n’est pas toujours active : "bien des femmes intègrent l’illégitimité de leur place dans la littérature. Par modestie inculquée, complexe d’infériorité, raconte l’éditrice, prendre un pseudonyme masculin (George Sand), publier anonymement (Jane Austen pour son premier roman "Raison et sentiments") sont autant de stratégies qui en disent long sur l’intériorisation du sentiment d’imposture." 
Cette année, la collection s’agrandira avec "La Belle et la Bête" de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve et "Trois sœurs rivales" de Marie-Louise Gagneur.  

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