"The Hate U Give", le nouveau manifeste black power "The Hate U Give", le nouveau manifeste black power

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"The Hate U Give", le nouveau manifeste black power

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Publié le Jeudi 17 Mai 2018

Racontant le parcours du combattant d’une jeune afro-américaine à la suite du meurtre de son ami d’enfance, The Hate U Give est le nouveau best-seller de la littérature Young Adult. Explications.

En cours d’adaptation cinématographique par la Fox (qui en acheté les droits dès sa parution) et vendu à plus de 500 000 exemplaires Outre-Atlantique, The Hate U Give s’apprête à faire un carton dans les librairies françaises. S’il traite d’un problème majoritairement américain, ce premier roman signé par une jeune trentenaire rappeuse devenue écrivaine, Angie Thomas, frappe juste et fort. D’une part par son style ultra efficace, calqué sur le flow hip hop, et par la force de son intrigue. Voici trois raisons pour lesquelles il faut lire The Hate U GiveTHUG pour les intimes.

Parce qu’il offre un nouveau visage au mouvement Black Lives Matter
Trayvon Martin, Tamir Rice, Michael Brown, Philando Castile… Ces jeunes et moins jeunes afro-américains ont tous deux points communs : celui d'être nés aux Etats-Unis, et d’avoir été tués par des personnes blanches à cause de leur couleur de peau. Sans que les criminels soient jugés comme il se doit. Dans The Hate U Give, un nouveau nom s’ajoute. Même s’il est fictif, son personnage semble très réel : il s’appelle Khalil, il est encore au lycée, il sort de soirée et, hormis le fait d’avoir un phare cassé à sa voiture, il n’a rien à se reprocher. Il est abattu sous les yeux de son amie d’enfance, Starr. Elle a 16 ans et c’est elle l’héroïne du roman. Elle va devoir affronter la police, la justice, et les autres – y compris ses camarades du lycée blanc et bourgeois où ses parents l’ont scolarisée, histoire de la tenir éloignée du ghetto où ils vivent.

Parce qu’il est à la fois (hip) pop et politique
Ne fut-ce que par son titre qui annonce la couleur : il est tiré d’un vers de Tupac, cité par Khalil dès les premières pages du roman : "Le nom de son groupe, la vie de gangsta, ça voulait dire "The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody", la haine qu’on donne aux bébés fout tout le monde en l’air (…) Ce qui veut dire que ce que la société nous fait subir quand on est gamins lui pète ensuite à la gueule". Starr aime les Air Jordan, la série Le Prince de Bel-Air, et, si elle trouve que Tupac est un rappeur de la génération de son père, donc un peu out, elle veut bien concéder que c’est lui "le maître". Bref, c’est une jeune fille comme les autres, qui va comprendre, après la mort de Khalil, que les conseils donnés par ses parents au sujet de la police ("Tu fais tout ce qu’ils te disent de faire") sont très précieux. Se sentir aussi proche d’elle crée très naturellement une proximité avec ce que vit la communauté afro-américaine au quotidien aux Etats-Unis.

Parce qu’il est girly mais aussi féministe
Le premier amour, les rivalités entre filles, l’obsession du look, le blog où on poste ses images Pinterest préférées, les demi-sœurs ou demi-frères insupportables, les adultes qui ne nous comprennent pas : THUG n’oublie rien du récit d’apprentissage 2.1, ce qui en fait un parfait modèle de roman destiné aux ados et aux Young Adult. Mais rien de naïf ou de bêtement girly ici, les préoccupations ne tournant pas qu’autour du bal de fin d’année. Starr est une forte tête qui ne s’en laisse pas conter ni par son petit ami, ni par ses copines de lycée. Et le roman est peuplé de personnages féminins du même acabit évoluant dans un milieu où il en faut une bonne dose. À commencer par la mère de l’héroïne, qui impose au père de Starr une vie rangée (après un passé comme chef de gang) et à sa fille une scolarité digne de ce nom. S’illustre aussi l’avocate de Starr, qui lui met entre les mains un haut-parleur le jour où il faudra élever la voix. Si les hommes sont présents, eux aussi, ils cherchent avant tout à s’imposer à tout prix, et souvent avec la violence. Le conte de fées n’existe pas et rien ne rachète la perte d’un être aimé, THUG l’apprend aux plus naïves d’entre nous, mais il affirme en revanche qu’on peut prendre la parole et son destin en main.

Angie Thomas, The Hate U Give, Nathan.

Sophie Rosemont

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