Rentrée littéraire 2019 : des héroïnes zinzins qu’on aime bien Rentrée littéraire 2019 : des héroïnes zinzins qu’on aime bien

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Rentrée littéraire 2019 : des héroïnes zinzins qu’on aime bien par Sophie Rosemont

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Publié le Vendredi 6 Septembre 2019

Parce que la normalité est un grand mot qui a rarement nourri les grands romans, Glamour a fait son choix parmi les romans les plus névrosés de la rentrée. Zinzins, mais pas trop, et toujours passionnants !

Un apprentissage bien secoué : Maintenant, comme avant
Un an après Comment te dire adieu, la touche-à-tout Juliette Arnaud revient avec un roman dans lequel on s’est laissé prendre sans s’y attendre : Maintenant, comme avant. Autour de Rose, la narratrice de 17 ans, son meilleur ami (qui en pince un peu pour elle), Moïse, sa grand-mère, son chien adoré et son père, qui ne s’est jamais remis de l’abandon de sa femme, entre autres mère de Rose. Lorsqu’elle revient comme si de rien n’était, la forte tête qu’est devenue sa fille se décide à ne pas se laisser séduire. Rythmé de singularités formelles, creusant chacun de ses personnages qui ont le chic pour ne pas tourner rond, ce récit d’apprentissage s’avère aussi touchant que drôle.
Maintenant, comme avant de Juliette Arnaud, Belfond

Quand on enfermait les femmes : Le bal des folles
La folie des femmes. Vaste sujet, souvent incompris, souvent inventé, même, par des hommes veillant sur leur pouvoir (de nuisance). Et d’autant plus aux XIXe siècle, à Paris, où l’on ne comprend pas encore ce qu’est un traumatisme ou une névrose, et qu’on s’empresse d’enfermer les femmes à la Salpêtrière. En guise de grand manitou, le célèbre professeur Charcot, spécialiste de l’hystérie… Pour son premier roman, Victoria Mas ressuscite avec un style limpide une époque heureusement révolue, mais pas si éloignée de la nôtre. Elle nous présente des personnages féminins très attachants, de Louise à Eugénie – dont la simple curiosité intellectuelle lui vaut d’être internée par son père.
Le bal des folles de Victoria Mas, Albin Michel

Le sens de la vie en roman : Le nom secret des choses 
Lorsqu’Océane arrive à Paris, tout change. Son environnement, ses moyens, son entourage, ses goûts culturels… même son prénom ne résistera pas à cette nouvelle aube existentielle, entre autres menée aux côtés d’une amie aussi indispensable que mystérieuse, Elia. Cette narratrice, on la suit, on la découvre et on s’y attache. Profondément. Après L’abandon des prétentions, qui l’avait révélée en 2017, et en parallèle de sa carrière de musicienne au sein du collectif Catastrophe, Blandine Rinkel confirme son talent d’écrivaine avec Le nom secret des choses, porté par une plume agile et prompte aux jolies formules, sans taire l’émotion ni la surjouer.
Le nom secret des choses de Blandine Rinkel, Fayard

Des nouvelles déglinguées : Avoue que tu en meurs d’envie
Un couple héberge et réconforte un ami en pleine rupture amoureuse… Et va le torturer davantage encore. Une petite fille croise un potentiel kidnappeur. Une autre souhaite le pire lors de sa fête d’anniversaire. Une jeune femme rencontre un mec un peu bizarre censé adorer les chats… C’est d’ailleurs par cette nouvelle, Cat Person en V.O., que Kristen Roupenian a fait un énorme buzz en 2017. Avec ce recueil de douze récits où chaque personnage ferait bien d’aller suivre une thérapie (ou d’être enfermé entre quatre murs !), on passe du rire à l’angoisse d’une page à l’autre. Kristen Roupenian, nouvelle conteuse contemporaine ?
Avoue que tu en meurs d’envie de Kristen Roupenian, Robert Laffont

Sophie Rosemont

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