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Quand la B.D. se décline au féminin par Sophie Rosemont

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Publié le Vendredi 26 Octobre 2018

Toujours singulières, souvent rebelles, les femmes d’hier ou d’aujourd’hui se racontent dans ces quatre bandes dessinées parmi les plus palpitantes de l’automne.

Heimat de Nora Krug ( Gallimard) 
Nora Krug est née en Allemagne en 1977. Si elle y a passé son enfance, elle est ensuite partie à Brooklyn et y a épousé un Juif typiquement new-yorkais. Malgré sa vie américaine, elle se sent rattrapée par le passé de son pays natal, se sentant naturellement coupable de la Shoah. Et puis un jour, il est temps de savoir qui, dans sa famille, était bon… ou mauvais. Dans ce récit graphique remarquablement exécuté, qui mélange dessins, photographie d’archives, typographies et différents types de dessins, elle raconte sa quête à la fois spirituelle et existentielle qui ne laisse guère de place au manichéisme. Dense et intense, historique et intime à la fois, ancré dans un point de vue féminin, Heimat a reçu un très bel accueil aux Etats-Unis. Mérité !

Le Chemisier de Bastien Vivès  (Casterman)
Jeune étudiante en lettres à la Sorbonne, Séverine vit un quotidien assez fade qui semble lui convenir. Lors d’une soirée de baby-sitting, la petite fille lui vomit dessus. Le père lui prête le chemisier de sa femme. Il est en soie, il lui va divinement bien, et elle se sent différente… Au point d’affirmer son désir comme jamais auparavant. Les jours suivants, elle ne le quittera plus, attisant les regards d’inconnus ou de ceux qui ne l’avaient jamais vraiment vue jusqu’ici. Avec Bastien Vivès, le terme roman graphique prend toute son ampleur : épuré au même titre que les images qu’il sert, le scénario laisse cependant transpercer les émotions de l’héroïne. Entre fantasme et réalité…

Les filles de Salem de Thomas Gilbert (Gargaud)
Salem, Etats-Unis, XVIIe siècle. La pétillante Abigail est une ado de 14 ans comme les autres jusqu’au jour où un garçon de son âge lui offre une figurine en bois sculpté. Aussitôt, elle sort de l’enfance pour rentrer celui des femmes forcément impures face à l’avidité, la cruauté ou, au mieux, la lâcheté des hommes tout-puissants. Mais le pire n’est pas encore arrivé… Basé sur les faits réels d’ahurissantes chasses aux sorcières – bon prétexte pour réduire les femmes au silence – Les filles de Salem émeut autant qu’il terrifie. Le trait anguleux de Thomas Gilbert rajoute à la force de cette histoire terrifiante qui rappelle que la misogynie tue.

Swan, Tome 1, Le Buveur d'absinthe de Néjib ( Gallimard)
Passionnant, ce premier volet des aventures de Swan ! Cette jeune Américaine débarque, en compagnie de son frère Scottie, à Paris en pleine effervescence impressionniste. Son but ? Intégrer les Beaux-Arts comme son frère, même si elle est une femme... Au gré des rencontres et des rebondissements dans la capitale française, on se laisse porter par le récit resserré et le superbe dessin de celui qui nous avait déjà charmé avec son Stupor Mundi : Néjib. Les masques tombent, les tabous se révèlent, les audaces payent. Swan est un portrait féminin qui ne tolère ni pathos ni cynisme, et dont on attend la suite avec impatience.

 

 

Sophie Rosemont

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