Nos coups de cœur de la rentrée littéraire 2019 Nos coups de cœur de la rentrée littéraire 2019

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Livres : nos coups de cœur de la rentrée littéraire 2019 par Sophie Rosemont

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Publié le Mercredi 21 Août 2019

L’Occident ou l’Afrique, des figures paternelles ou des femmes combattantes, les romans de la rentrée sont riches de sens et forts en style.

Boy Diola, de Yancouba Diémé
La première phrase 
: "C’est au sud de la Corse, à environ six kilomètres de Bonifacio, que se trouve la plage de Paragan."

Le pitch : L’auteur raconte le parcours de son père, Aperaw, du village sénégalais de Casamance aux usines Citroën en passant par son arrivée par bateau en France, en 1969. Ses femmes, ses neuf enfants, ses coups durs, son sens de la débrouille, sa volonté de fer, son activité constante. Et ses cravates ! Un grand et beau récit de vie, souvent drôle et toujours énergique. 

Pourquoi on l’aime : Pour son premier roman, Yancouba Diémé a trouvé son style. Né en banlieue parisienne, il a étudié la création littéraire en Angleterre comme en France, et souhaite "écrire pour tout le monde". Mission accomplie : la langue souple et ultra dynamique de Boy Diola est à la fois accessible et irrésistible.
Boy Diola, de Yancoubé Diémé. Flammarion.

 

La fuite en héritage, de Paula McGrath
La première phrase : "Elle commence à penser que cette réunion ne finira jamais. "

Le pitch : En 2012, alors qu’une gynécologue dublinoise hésite à changer de poste et de ville pour rester auprès de sa mère, une ado américaine affronte la mort de la sienne... quitte à faire des bêtises. Trente ans plus tôt, Jasmine veut apprendre la boxe. Mais en Irlande, à l’époque, c’est interdit… tout comme l’avortement.

Pourquoi on l’aime : Roman-chorale multi-générationnel et géographique, La fuite en héritage explore les différentes facettes de l’humain et, plus particulièrement, de la femme enserrée dans un contexte patriarcale. Après Génération (2016), cette professeure en créative writing à l’Université de Dublin fait preuve d’un style fluide et précis qui, tout en prenant de la distance avec les destins qu’elle raconte, n’en oublie pas les émotions.
Paula McGrath, La fuite en héritage, Quai Voltaire. Traduction de Cécile Arnaud.

 

Cora dans la spirale, de Vincent Message
La première phrase 
: "Notre espèce baguenaudait sur terre depuis deux ou trois cent mille ans lorsqu’un matin, sur le coup de sept heure trente, Cora Salme se mit à voir d’un œil neuf les couloirs de céramique bleue et blanche du métro parisien. "

Le pitch : Après avoir été photographe – en tout cas, avoir voulu l’être, Cora Salme a intégré le département marketing de Borélia, une prestigieuse compagnie d’assurance basée à La Défense. Au retour de la naissance  de sa fille, son quotidien au travail ne va faire que s’empirer. Et Cora commence à se poser des questions sur le sens de sa existence…

Pourquoi on l’aime : Après Défaite des maitres et possesseurs (2016), d’une maîtrise déjà impressionnante, Vincent Message nous scotche avec Cora dans la spirale, un roman très fort, cérébral et néanmoins riche en sensations. On vit au plus près de l’héroïne, de son entourage. Sans autant vous spoiler, on vous prévient : le dénouement frappe en plein cœur.
Vincent Message, Cora dans la spirale, Seuil

 

Avant que j’oublie, d'Anne Pauly
La première phrase 
: "Le soir où mon père est mort, on s’est retrouvés en voiture avec mon frère, parce qu’il faisait nuit, qu’il était presque 23 heures et que passé le choc, après avoir bu le thé amer préparé par l’infirmière et avalé à contrecœur les morceaux de sucre qu’elle nous tendait pour qu’on tienne le coup, il n’y avait rien d’autre à faire que de rentrer. "

Le pitch : Connaît-on vraiment ceux qu’on aime, surtout ceux qui nous donnent du fil à retordre ? Souvent, c’est leur disparation qui ranime des souvenirs et révèle des secrets… C’est ce que va apprendre la narratrice à la mort de son père, être tout en ambivalences déconcertantes. A la clé, une scène cathartique à la bande sonore signée… Céline Dion !

Pourquoi on l’aime : Avec ce premier roman aux phrases longuement pesées (et au très beau titre), Anne Pauly exprime ce que l’on peut tous ressentir lors de la mort d’un proche. Intime mais pudique.
Anne Pauly, Avant que j’oublie, Verdier.

Sophie Rosemont

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