"Le secret Hemingway" : l’incroyable histoire de la fille transgenre du grand écrivain "Le secret Hemingway" : l’incroyable histoire de la fille transgenre du grand écrivain

Livres

"Le secret Hemingway" : l’incroyable histoire de la fille transgenre du grand écrivain par Sophie Rosemont

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

3 minutes

Publié le Vendredi 17 Janvier 2020

Saviez-vous que le dernier fils du célèbre écrivain américain était devenu une femme, contre vents et marées ? L’écrivaine Brigitte Kernel raconte son destin hors normes dans "Le Secret Hemingway".

Il était une fois un écrivain reconnu dans le monde entier pour ses romans comme Le Vieil Homme et la mer ou Pour qui sonne le glas. Avant de se suicider, en 1961, Ernest Hemingway a mené une vie riche en émotions, en voyages, en écriture. Avec son plus jeune fils, Gregory, les relations furent tendues. Parce qu’il se montra très dur avec cet enfant aimant s’habiller en fille, fuyant son malaise dans les drogues et l’alcool, marié quatre fois, père de huit enfants qu’il a bien du mal à élever… Ernest l’accuse même d’avoir provoqué la mort de sa mère, on vous laisse découvrir le pourquoi du comment dans Le Secret Hemingway, le nouveau roman de Brigitte Kernel.

De la difficulté d’être soi

"J’avais envie de parler de la différence, explique celle-ci. Chez beaucoup de personnes et sous toutes les formes, celle-ci est souffrance si elle n’est pas acceptée et surtout normalisée. L’incompréhension, le jugement des autres et principalement de la famille fait le nid d’un possible drame. J’ai découvert le destin de Gloria en écrivant mon livre précédent (Jours brûlants à Key West, sur Françoise Sagan, ndlr). Et ai immédiatement eu envie de faire de cette histoire une sorte de cheval de Troie pour parler de la difficulté immense de naître dans un corps qui n’est pas le sien en termes d’identité." Ce dilemme ancestral, l’autrice réussit à le rendre palpable, à le dédramatiser parfois – et ce grâce la personnalité très vivace de Gregory-Gloria, sans en occulter l’aspect tragique. Car Le Secret Hemingway est un page-turner qui ne se lâche pas. D’un style fluide et vivant, il déroule son récit avec toute la verve avec laquelle Gregory-Gloria a mené sa vie. Cependant, Brigitte Kernel ne signe pas ici une biographie classique. Si son livre est richement documenté, il se permet des libertés fictionnelles par rapport aux faits réels. Dans quel but ? "J’ai eu aussi le désir de comprendre qui était Gloria Hemingway, de comprendre sa difficulté d’être, de lui redonner "sa" vie et d’analyser les problèmes familiaux que cela engendre. Sans que personne ne soit condamné dans ce roman. Je me suis autorisée ce livre car il s’agit d’une fiction inspirée par l’histoire vraie du plus jeune fils de Ernest Hemingway."

"Gratter là où ça fait mal"
Les personnes trans sont souvent victimes de rejet social, d’agressions verbales et physiques parfois très violentes. Si, en 2020, changer de sexe est un choix que l’on commence enfin à cerner sans juger, ce n’était guère le cas il y a encore 50 ans. Gregory Hemingway dut attendre 1995, soit l’âge de 64 ans, pour devenir officiellement une femme. Un choix difficile, d’autant qu’il était le fils d’une célébrité littéraire ô combien virile et imposante. "Personne ou peu en parlait il y a quelques décennies, confirme Brigitte Kernel.  Cette histoire est avant-gardiste uniquement parce que l’on ose en parler aujourd’hui. Tout ce qui est dit, n’est plus caché, permet de nous ouvrir aux autres. Le combat de Gloria, la difficulté de son père à assumer cet enfant qu’il adorait, nous permet de réfléchir et faire preuve d’empathie pour toutes celles et ceux qui vivent une histoire semblable. Ou une autre différence. C’est aussi le rôle de l’écrivain de gratter là où ça fait mal. Enfin, je crois." Chez Glamour aussi, nous pensons qu’écrire n’est pas synonyme de brosser dans le sens du poil. Quitte à faire rager les moralisateurs, car la littérature doit être le reflet d’une société en perpétuelle évolution.

 

Brigitte Kernel, Le Secret Hemingway, Flammarion.

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires