"Âmes, histoire de la souffrance", de Tristan Garcia : oui, on souffre, mais on aime ça ! "Âmes, histoire de la souffrance", de Tristan Garcia : oui, on souffre, mais on aime ça !

Livres

"Âmes, histoire de la souffrance", de Tristan Garcia : oui, on souffre, mais on aime ça !

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

4 minutes

Publié le Jeudi 21 Février 2019

Depuis son premier livre, "La Meilleure Part des hommes", jusqu’à "Âmes, histoire de la souffrance", on suit de près cet écrivain français qui, tout en étant très proche de nous, sait raconter de grandes et belles histoires. Bref, c’est notre chouchou, et on vous explique pourquoi !

Il est à la hauteur de ses ambitions
A 37 ans, Tristan Garcia signe le roman le plus impressionnant de la rentrée littéraire et qui lui aura demandé dix ans de travail. Avec ses 705 pages, Âmes a pour ambition de retracer l’histoire de la souffrance de l’humanité depuis la nuit des temps, et éclaire par la même occasion nos ressentis contemporains. Le premier tome revient sur les deux premiers milliards d’années du monde, et, à peine terminé, on rêve de plonger dans le second… Un troisième est déjà prévu, ce qui laisse envisager une œuvre monstre et forcément fascinante. Car l’écriture de Tristan Garcia possède quelque chose d’à la fois totalement cérébral et instinctif, qui la rend de plus en plus addictive au fil des pages. Donc aucune sensation d’être écrasé.e par un pavé intello, non : on est invité.es dans un univers d’une richesse étonnante, extrêmement bien documenté. Ce n’est pas la première fois : quel que soit son sujet, Garcia se renseigne, reste au plus près du vrai pour mieux inventer. Le tout en étant fidèle à ses thèmes de prédilection : la quête de liberté, le militantisme sous toutes ses formes, le désir d’immortalité…

Il nous fait voyager
Né à Toulouse, ayant passé son enfance en Algérie avant de devenir, quelques années plus tard, un brillant Normalien de la rue d’Ulm, Tristan Garcia sait raconter la France et les émois de sa génération. Sauf qu’au lieu de se contenter du cadre d’un sempiternel appartement haussmannien parisien, il nous redonne goût à l’aventure, quelle qu’elle soit. Dans Âmes, on navigue entre plusieurs époques, régions et continents : Mésopotamie, Empire romain, Chine des Wu, empire indien de Gupta… De la néandertalienne qui, à peine après avoir accouché, est abandonnée par son homme à la merci des bêtes sauvages à la Japonaise Soshi-Ka, qui va se faire passer pour un garçon pour combattre durant la dynastie Wa, les femmes subissent un machisme terrible tout en l’affrontant tête haute, à travers les siècles et les pays. Les nouvelles d’En l'absence de classement final (2012) décryptent l’univers concurrentiel du sport, Mémoires de la Jungle (2010) nous transporte dans une dystopie où un singe doit affronter ses semblables malgré une éducation reçue d’humains. Cette ouverture au monde est peut-être l’un des meilleurs remèdes contre la morosité et la défiance ambiantes.

Il touche à tous les genres
Si, avec les années, le style littéraire de Tristan Garcia a pris de la bouteille, force est de constater qu’on le reconnaît très vite, au bout de quelques lignes. Pourtant, ce n’est pas faute de brouiller les pistes… Certains se complaisent dans l’autofiction à toutes les sauces, et d’autres dans des romances mièvres facilement adaptables au cinéma. Garcia, lui, surprend à chaque livre. Il ne s’interdit aucun genre, aucun parti pris. Alors que La Meilleure part des hommes (2008) traduisait parfaitement les années 80 décimées par le SIDA, le sujet de Faber (2013), lui, se situait plutôt dans le jeu des classes sociales et l’engagement politique du début du XXIe siècle. Quant à 7 (2015), il proposait sept micro romans distincts et passionnants. Garcia s’est même essayé à la science-fiction tendance existentialiste avec Les cordelettes de Browser (2012). A chaque fois, on s’incline devant l’aisance de son style, châtié mais jamais pompeux, exigeant mais digeste.

Il est à la hauteur de ses ambitions
A 37 ans, Tristan Garcia signe le roman le plus impressionnant de la rentrée littéraire et qui lui aura demandé dix ans de travail. Avec ses 705 pages, Âmes a pour ambition de retracer l’histoire de la souffrance de l’humanité depuis la nuit des temps, et éclaire par la même occasion nos ressentis contemporains. Le premier tome revient sur les deux premiers milliards d’années du monde, et, à peine terminé, on rêve de plonger dans le second… Un troisième est déjà prévu, ce qui laisse envisager une œuvre monstre et forcément fascinante. Car l’écriture de Tristan Garcia possède quelque chose d’à la fois totalement cérébral et instinctif, qui la rend de plus en plus addictive au fil des pages. Donc aucune sensation d’être écrasé.e par un pavé intello, non : on est invité.es dans un univers d’une richesse étonnante, extrêmement bien documenté. Ce n’est pas la première fois : quel que soit son sujet, Garcia se renseigne, reste au plus près du vrai pour mieux inventer. Le tout en étant fidèle à ses thèmes de prédilection : la quête de liberté, le militantisme sous toutes ses formes, le désir d’immortalité…

Il nous fait voyager
Né à Toulouse, ayant passé son enfance en Algérie avant de devenir, quelques années plus tard, un brillant Normalien de la rue d’Ulm, Tristan Garcia sait raconter la France et les émois de sa génération. Sauf qu’au lieu de se contenter du cadre d’un sempiternel appartement haussmannien parisien, il nous redonne goût à l’aventure, quelle qu’elle soit. Dans Âmes, on navigue entre plusieurs époques, régions et continents : Mésopotamie, Empire romain, Chine des Wu, empire indien de Gupta… De la néandertalienne qui, à peine après avoir accouché, est abandonnée par son homme à la merci des bêtes sauvages à la Japonaise Soshi-Ka, qui va se faire passer pour un garçon pour combattre durant la dynastie Wa, les femmes subissent un machisme terrible tout en l’affrontant tête haute, à travers les siècles et les pays. Les nouvelles d’En l'absence de classement final (2012) décryptent l’univers concurrentiel du sport, Mémoires de la Jungle (2010) nous transporte dans une dystopie où un singe doit affronter ses semblables malgré une éducation reçue d’humains. Cette ouverture au monde est peut-être l’un des meilleurs remèdes contre la morosité et la défiance ambiantes.

Il touche à tous les genres
Si, avec les années, le style littéraire de Tristan Garcia a pris de la bouteille, force est de constater qu’on le reconnaît très vite, au bout de quelques lignes. Pourtant, ce n’est pas faute de brouiller les pistes… Certains se complaisent dans l’autofiction à toutes les sauces, et d’autres dans des romances mièvres facilement adaptables au cinéma. Garcia, lui, surprend à chaque livre. Il ne s’interdit aucun genre, aucun parti pris. Alors que La Meilleure part des hommes (2008) traduisait parfaitement les années 80 décimées par le SIDA, le sujet de Faber (2013), lui, se situait plutôt dans le jeu des classes sociales et l’engagement politique du début du XXIe siècle. Quant à 7 (2015), il proposait sept micro romans distincts et passionnants. Garcia s’est même essayé à la science-fiction tendance existentialiste avec Les cordelettes de Browser (2012). A chaque fois, on s’incline devant l’aisance de son style, châtié mais jamais pompeux, exigeant mais digeste.


Tristan Garcia, Âmes, Histoire de la souffrance, tome 1, Gallimard.

Sophie Rosemont

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires