7 livres pour se remonter le moral 7 livres pour se remonter le moral

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Voici 7 livres marrants pour se remonter le moral en ce moment par Sophie Rosemont

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Publié le Mardi 24 Mars 2020

Ah ça, on rigole souvent au ciné ou devant sa télé (enfin… sauf en ce moment) ! Mais devant un livre ? Pas souvent. Parce que les romans les plus beaux sont souvent les plus plombants. On vous en a dégoté sept qui vont mettre vos zygomatiques à contribution.

1. "Mémoires" de Saint-Simon
Il était une fois Louis de Rouvroy, alias le duc de Saint-Simon, qui avait ses entrées à la Cour de Louis XIV. Durant plus de trois décennies, il rapporte tout ce qu’il voit, entend, pressent, tout ce qu’on lui rapporte. Ce qu’on appelle ses Mémoires ne raconte pas tant sa vie que celle des autres, et c’est absolument jouissif dans ce microcosme toxique et mesquin, parfois grandiose, qu’est la Cour. Comme disaient les frères Goncourt :  "ll n’y a que trois styles : la Bible, les latins et Saint-Simon." Là où Saint-Simon excelle, c’est lorsqu'il décrit des gens qui l’entourent. Souvent féroce, parfois tendre, jamais en panne d’un bon mot, Saint-Simon nous rend ces artistocrates aussi distrayants que les stars des magazines people. Les princesses qui rotent, les rois misogynes, les seigneurs vicieux, radins, généreux, les mauvais tours qu’ils se font en ricanant…  avec lui, les courtisans en voient de toutes les couleurs. Quand Saint-Simon parle du duc de Noailles : "Un homme toujours maître de soi, qui sait parler toute une journée et avec agrément sans jamais rien dire, qui en conversation est tout à celui à qui il veut plaire " (il l’aligne ainsi pendant un bon moment, c’est tordant), "Quand quelque fois on lui demandait si elle lisait le Pater, elle répondait qu’oui, mais qu’elle y passait l’article du pardon des ennemis sans le dire "ll avait de l'esprit, de la lecture, des restes d'une excellente éducation, de la politesse et des grâces même quand il voulait, mais il le voulait très rarement ". Les formules fusent, ponctuant ce récit d’un autre temps, certes, mais à la plume résolument moderne, et qui prouve que la nature humaine n’a (hélas) pas changé
Saint-Simon, Mémoires, Folio.

 

2. "Je suis très à cheval sur les principes" de David Sedaris
"En 1976, mes lunettes étaient tellement grosses que je pouvais les nettoyer avec une éponge pour pare-brises " : c’est pour ce genre de petites phrases qu’on aime David Sedaris. Ecrivain à succès capable de remplir le Carnegie Hall pour une lecture sur scène, journaliste pour le New Yorker, il a vendu ses livres à plusieurs millions d’exemplaires. L’explication : il est drôle. En témoigne ce recueil de nouvelles aussi courtes qu’hilarantes, où il raconte l’aversion de sa sœur pour les microbes, sa fixette sur un squelette, ses années passées en France, le faux derrière qu’il a acheté sur Internet, ses problématiques de déco intérieure, ses disputes avec son compagnon et ses coming-outs décalés. C’est frais, enlevé, et ça se picore comme des épisodes de Seinfield, auquel on l’a souvent comparé.
David Sedaris, Je suis très à cheval sur les principes, traduit par Nicolas Richard, éditions de l’Olivier / Points.

 

3. "I love Dick" de Chris Kraus
"3 décembre 1994. Chris Kraus, une vidéaste expérimentale de 39 ans, et Sylvère Lotringer, un professeur d’université venu de New York, 56 ans, dînent avec Dick ****, une bonne connaissance de Sylvère, dans un bar à sushis de Pasadena. " L’ouverture de I Love Dick pourrait paraître banale si ce n’est triviale mais l’histoire qui s’ensuit, entre récit épistolaire et journal intime, prend des proportions étonnantes au vu d’une simple soirée qui chamboule la vie de Chris et Sylvère. Par la suite, Chris décide qu’elle est follement tombée amoureuse de Dick et, malgré sa jalousie, son compagnon va l’aider à lui écrire des lettres. Autofictionnel et militant (Chris refuse d’être une simple "femme de"), I Love Dick, dont les anglophones apprécieront la double lecture du titre, s’avère plein de rebondissements.
Chris Kraus, I Love Dick, traduit par Alice Zeniter, Flammarion /J’ai Lu.

 

4. "L’auteurde Vincent Ravalec
"L’attaché de presse dans le public m’a encouragé d’un sourire. La lumière rouge au-dessus de la caméra s’est allumée. Cette fois c’était bon, j’étais niqué. Niqué complet. " Pour ceux qui pensent que la vie d’écrivain est faite de divines mondanités, de groupies en folies et d’opulence financière, détrompez-vous ! Dans ce court récit clairement autobiographique et très drôle, Vincent Ravalec raconte le succès inattendu de son Cantique de la Racaille (1994), mais aussi les grands moments de solitude lors d’émissions télé ou de salons littéraires, la soirée où il a gagné le Prix de Flore, et les nombreuses boulettes qu’il accumule. On ne s’ennuie pas une seconde !
Vincent Ravalec, L’Auteur, Le Dilettante / Points.

 

5. "Le garde du cœur" de Françoise Sagan
"Dorothy, êtes-vous complètement folle ? C’est le genre de questions auxquelles j’ai le plus de mal à répondre (…) j’étais en tenue de jardinage (…) Non que j’aie jamais jardiné de ma vie, la seule vue d’un sécateur m’épouvante, mais j’adore me déguiser." L’agilité du style de Françoise Sagan n’est plus à démontrer, sa fausse légèreté aussi, mais on vous défie de lire Le Garde du cœur sans pouffer de rire à plusieurs reprises. Ancienne gloire du cinéma, Dorothy Seymour a 45 ans, écrit des scénarios et aime autant le whisky que se faire draguer, notamment par un businessman, Paul. Un soir, le couple percute en voiture un beau jeune homme un peu paumé, Lewis, que Dorothy décide d’héberger. Il va alors lui montrer une reconnaissance assez embarrassante et pour le moins radicale... Un Sagan très réjouissant qui démontre l'irrésistible aptitude de la narratrice au bonheur (et à la pushline).
Françoise Sagan, Le garde du cœur, Julliard / Pocket.

 

6. "Sept années de bonheur" d’Etgar Keret
"L’écrivain ne vaut pas mieux que ses lecteurs, pas du tout – il est parfois bien pire - et c’est ce qu’il faut. " Ici, l’écrivain et réalisateur israélien, laïc de gauche, "Juif totalement stressé qui considère sa survie momentanée comme tout à fait exceptionnelle ", raconte sept années de sa vie, entre la naissance de son fils Lev et la mort de son père, rescapé des camps. Son quotidien à Tel-Aviv, ville bulle au sein d’un petit pays sous pression, son aversion pour le sport, ses après-midis bavards au square avec des mamans, sa relation avec sa sœur devenue orthodoxe, ses lectures devant des salles peu remplies, comment il occupe son bébé durant des attaques aux missiles, son rapport aux vols en avion, les trajets avec des chauffeurs de taxi terrifiants, etc.  Entre tragi-comédie et auto-dérision, bénéficiant d’une écriture lapidaire et néanmoins émotionnelle, Sept années de bonheur nous fait tomber en amour pour la plume de Keret dont on attend avec impatience le prochain recueil de nouvelles, Incident au fond de la Galaxie.
Etgar Keret, Sept années de bonheur, traduit par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, éditions de L’Olivier / Points.


7. "Mon valet et moi " d’Hervé Guibert 
Certes, on ne pourrait ranger Hervé Guibert, le célèbre auteur de l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, dans la catégorie "écrivain drôle". Loin de là. Mais, au sein de son corpus, qu’on vous conseille néanmoins de (re)lire tant c’est beau, il y a ce petit livre bref et intense, racontant la drôle de relation entre un homme d’âge mur et son serviteur, ancien acteur de cinéma. "Le moindre des services, il me le procurait avec fougue, comme si ce geste, en l’occurrence me relever de ma baignoire, était du plus crucial intérêt pour lui. C’était peut-être la passion ou la haine qui le motivait, je l’ignorais alors." On vous laisse découvrir la suite… !
Hervé Guibert, Mon valet et moi, Éditions du Seuil / Points.

 

Sophie Rosemont

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