"Soliloquy" : alors, il est comment le nouvel album de Lou Doillon ? "Soliloquy" : alors, il est comment le nouvel album de Lou Doillon ?

Musique 

"Soliloquy" : alors, il est comment le nouvel album de Lou Doillon ? par Sophie Rosemont

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Publié le Mardi 5 Février 2019

Ceux qui doutaient du talent de Lou Doillon peuvent ranger leurs ricanements : "Soliloquy" est l’un des albums les plus charmants de l’hiver : la "fille et sœur de" assume et impose pour de bon son propre style. Voici pourquoi vous devriez y jeter une oreille.

Folkeuse made in France
On lui a souvent proposé un disque fait sur mesure, et à chaque fois, Lou Doillon a refusé sans hésitation. Pas question de laisser d’autres lui ménager le terrain. Après des débuts dans le cinéma, notamment devant la caméra de son père Jacques Doillon, et moult expériences de mannequin, elle a enfin osé s’affirmer en tant que chanteuse. On connaît le succès de son premier album, Places (2012), les doutes soulevés par son second, Lay Low (que nous avions beaucoup aimé), en 2015. Avec Soliloquy, elle s’assume à 100%, plus sûre d’elle que jamais. Le nombre grandissant de ses fans, ainsi qu’une tournée aux côtés des rockeurs indie Richard Hawley et John Grant l’ont définitivement affranchie des critiques. Avec les douze morceaux de Soliloquy, elle propose un son neuf, toujours folk mais plus synthétique.


Toujours bien entourée

C’est Etienne Daho qui l’avait encouragée à enregistrer son premier album, qu’il avait produit avec grand soin, et une infinie délicatesse. Pour Lay Low, Lou Doillon avait traversé l’Atlantique pour retrouver au Canada Taylor Kirk, le leader du groupe Timber Timbre, au physique aussi inquiétant que sa musique est ténébreuse. Ensemble, ils avaient façonné un album très blues. Pour Soliloquy, Lou a voulu s’amuser, et a joué coup double. Elle a fait appel à Benjamin Lebeau, la moitié du groupe électro The Shoes, mais aussi à Dan Levy, multi instrumentiste pop et moitié de The Do. Tous deux sont les producteurs les plus recherchés du moment… et se sont partagés le gâteau. Résultat, les synthés frayent avec les boîtes à rythmes, les guitares électriques avec le piano… Avec sa pop-folk sous influence à la fois électro et rock, impossible de s’ennuyer à l’écoute de Soliloquy, sur lequel Lou Doillon chante avec un enthousiasme renouvelé. Bonus indéniable : "It’s You", joli duo avec la plus fascinante des folkeuses américaines, Cat Power.


L'experte en mélancolie lumineuse

Au théâtre, un soliloque est un monologue d’un comédien qui se parle à lui-même sur scène. Sur l’album de Lou Doillon, c’est une affirmation de soi. Pendant la genèse de Soliloquy, elle a aussi bien lu Simone de Beauvoir que Patti Smith, l’un de ses plus grands modèles. Leur audace et leur loyauté envers leur travail l’a incitée à se livrer plus encore, s’essayer à l’électro sans céder aux sirènes de l’autotune. En 2019, elle lève la tête face aux vexations et surtout face aux deuils, en particulier celui de sa grande sœur Kate, en 2013, qui avait recouvert d’ombre Lay Low. À bientôt 37 ans, la Lolita du cinéma d’auteur, cadette pas trop sage de Charlotte Gainbourg et fille inconstante de Jane a décidé d’être elle-même, quoiqu’il arrive. C’est-à-dire une trentenaire consciente de sa féminité, proud mum d’un fils déjà adolescent. Ses nouveaux morceaux ont mis des longs mois à trouver leur ton : la chanteuse voulait qu’ils reflètent un état d’esprit qui est aujourd’hui le sien, joyeux et coloré… mais sans omettre sa sempiternelle mélancolie. Mission accomplie.

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