Il est comment le nouveau MGMT ?

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Il est comment le nouveau MGMT ?

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Publié le Mardi 17 Septembre 2013

Plus déroutant que jamais, le duo new-yorkais sort son troisième album. Nul besoin de substances illicites, la pop nébuleuse de MGMT va vous conduire dans une autre dimension.

Depuis la sortie d’Oracular Spectacular en 2007, ces petits génies ne cessent de réinventer un genre trop souvent malmené et aseptisé. La pop bubble-gum ? Très peu pour eux. Complexe et mutante, la pop made in MGMT est à elle seule une petite (r)évolution. Et ce nouvel album en est la preuve évidente. Car ces deux-là n’en finissent pas de brouiller les pistes : ceux qui s’attendent à entendre une pâle copie du précédent et très glamour Congratulations, seront à l’évidence malmenés. Moins évident, davantage tourné vers la house, ce troisième cru est un nouveau pavé dans la mare intersidérale de MGMT.

Plutôt discrets durant les trois dernières années, il semblerait qu’Andrew Wanwyngarden et Ben Goldwasser aient eu besoin de prendre du recul vis-à-vis de leur succès, de se recentrer sur leur musique. Bilan ? Le duo a concocté dix titres aussi déroutants qu’exceptionnels. Exit refrains, couplets et conventions, place à la déconstruction. Tel est ce nouvel album, dont la première écoute en laissera beaucoup sur le bas-côté de la route. Car déambuler sur la galaxie secouée des MGMT n’est pas une mince affaire. Aussi déroutants que psychédéliques, les morceaux oscillent entre trous noirs ("An Orphan Of Fortune") et puits de lumière ("Alien Days").

Si la voix enfantine d’"Alien Days" ouvre délicatement l’opus, les synthés barrés et les beats écrasants de "Cool Song No 2" viennent rapidement bousculer cette quiétude. Puis ce sont les sons saturés de "I Love U, Death" qui prennent le relais et donnent des allures rocambolesques à cette excursion musicale. A tel point que l’on se demande comment le duo va réussir à jouer certains titres en live.

Mais, bien que très éloignées du formatage pour radios, les mélodies se révèlent enivrantes, à l’instar de la reprise de Faine Jade, "Introspection", ou de "A Good Sadness" sans doute le meilleur morceau de l’album. On s’étourdit des sonorités futuristes qui viennent se fondre au chant néo-hippie d’Andrew, suscitant des réminiscences d’Aphex Twin ou Animal Collective. Tantôt naifs ("Plenty Of Girls In the Sea"), parfois électriques ("Your Life Is A Lie"), les titres offrent une palette d’émotions paradoxales et cette sensation incroyable d’être en lévitation. On comprend pourquoi le groupe parle d’un opus "morphine". Plongés dans les tracks, les notions de temps et d’espace disparaissent peu à peu. Pas étonnant lorsque l’on sait que la musique de Ben et Andrew puise souvent ses racines sous trips de produits illicites. Mais, à l’évidence, c’est les pieds bien ancrés sur terre que ces derniers ont produit cet ovni, appuyés du producteur David Fridmann dont l’empreinte est omniprésente.

Plus qu’un album, c’est une expérience. MGMT offre un dédale de styles et de sensations qui s’avère dangereusement planant.

MGMT de MGMT, Sony Records, Columbia Record, sorti le 16 septembre.

Julie Pujols Benoit

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