"Une jeunesse dorée" : sexe, drogue & disco à gogo "Une jeunesse dorée" : sexe, drogue & disco à gogo

Cinéma

"Une jeunesse dorée" : sexe, drogue & disco à gogo par Erick Grisel

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Publié le Mardi 15 Janvier 2019

Quel film étrange que le film "Une jeunesse dorée », réalisé par Eva Ionesco ! Quelques jours après qu’on l’a vu, il continuait de distiller en nous son poison violent mais délicieux.

Commencer à visionner un film en se disant que l’actrice principale joue comme une cloche et le terminer en se disant qu’elle est géniale, c’est ce qui nous est arrivé en découvrant dans Une jeunesse dorée la jeune Galatéa Bellugi, dont le jeu sexy/nonchalant est aussi surprenant que son prénom.
Pour son second film, dont l’action se passe la plupart du temps au Palace, boîte parisienne mythique des années 1980, la réalisatrice Eva Ionesco a eu du flair en offrant à cette (presque) inconnue le premier rôle. Celui d’une jeune provinciale, montée à Paris pour bosser, et qui au lieu de bosser, passe son temps à danser et picoler au Palace et finit par se faire entretenir par un couple de vieux clubbeurs qui s’amourachent d’elle et de son boyfriend (Lukas Ionesco). On remarquera que le mot "vieille" n’est jamais prononcé dans le film à propos d’une Isabelle Huppert toute en moues libidineuses, un peu dégoûtante, donc parfaite. Dans le rôle de son mari, Melvil Poupaud n’est pas mal non plus en dandy décadent. Et il y a droit, en revanche, au mot "vieux", même s’il a vingt de moins que sa partenaire. On imagine donc des montagnes de diplomaties déployées par Eva Ionesco et son scénariste (et compagnon) Simon Liberati pour ne pas vexer leur star sexagénaire…

Si Eva Ionesco avait échoué à recréer l’ambiance et la magie des années Palace, on aurait été d’autant plus déçu qu’elle a été dans sa jeunesse d’un des (très jeunes) piliers du célèbre club, sulfureuse lolita exploitée par sa mère photographe. Mais après tout, on connaît des cinéastes qui ont bâclé des sujets qu’ils connaissent bien. Eva le maîtrise de bout en bout, son film, sans jamais sacrifier aux effets de mode, faisant de cette "Jeunesse" un ovni dans le paysage cinématographique français. Dans Une jeunesse dorée, les comédiens parlent et posent parfois comme dans une pièce de Jean Cocteau. On pense aux Enfants terribles. On croit entendre Madeleine Sologne parler avec Jean Marais dans L'éternel Retour de Jean Delannoy. Paradoxalement, cette Rose de 17 ans (incarnée par Galatéa) pourrait être une jeune fille d'aujourd'hui. Paresseuse, imprévisible, opportuniste, vélléitaire elle a, à priori, tout pour déplaire. C’est donc une formidable héroïne. Et on finit par l’adorer, quand au vieux dandy qui lui propose une somme d’argent pour coucher avec elle, elle répond d’un ton bravache en matant les billets :  "Oh non, un peu plus !".

Une jeunesse dorée, sortie le 16 janvier.

 

Erick Grisel

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