"Underwater" : un film délicieusement nul "Underwater" : un film délicieusement nul

Cinéma

"Underwater" : un film délicieusement nul par Erick Grisel

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Publié le Lundi 13 Janvier 2020

Il y a des navets qui donnent envie de s’enfuir immédiatement de la salle de ciné. Et puis ceux devant lesquels on reste scotchés pour des raisons futiles : un monstre, des effets spéciaux, une actrice sympathique. C’est le cas de cet "Underwater" qui ne restera pas dans les annales du film de survie.

Se laver les dents est, comme faire pipi ou pire, une activité peu souvent pratiquée au cinéma. Et c’est ce à quoi s’occupe Kristen Stewart, dans la première scène d’Underwater, tout en n’ayant à l’évidence pas une once de dentifrice dans la bouche et nulle envie de cracher dans le lavabo. Mais très vite, trêve de brossage, tout explose autour de Kristen qui doit courir dans tous les sens dans une station sous-marine pour éviter de périr noyée, brûlée, broyée ou les trois à la fois.

Dans sa fuite éperdue dans des goulots de plus en plus étroits et suintants (on sent le décorateur en backstage qui dit "Rajoutez moi donc des gouttes sur ces tuyaux!"), Kristen tombe sur un autre membre d’équipage savamment enterré sous des monceaux de cailloux qu’elle enlève un par un ( c’est curieux, ils ne semblent pas très lourds). À partir de là, on n’a qu’une seule envie, c’est qu’elle rencontre enfin le monstre qui s’amuse à secouer cette malheureuse station sous-marine dans tous les sens par pur esprit revanchard ( lls n’avaient qu’à pas forer le fond de mon océan !).

On croit d’abord que le monstre, c’est Vincent Cassel. Mais notre Vincent national tient dans ce film un rôle involontairement comique, ânonnant des répliques ineptes avec très peu de conviction. Quand le vrai monstre se montre enfin, on est content, sauf qu’il est très flou. Il faut écarquiller les yeux pour le voir. Mais quand même, une musique tonitruante et quelques effets bien balancés ( genre tout est calme,  on croit qu’un mec est sauvé et le voilà aspiré de son scaphandre) font qu’on sursaute aux moments appropriés. Si le monstre est flou, le maquillage de Kristen l’est moins. Sous scaphandre ou pas, elle est impeccable, les cheveux courts teints en blond platine, les cils joliment recourbés. Elle passe la fin du film en culotte avec une autre actrice, Jessica Henwick, tout aussi joliment culottée qu'elle (non, non, ici pas de vulgaire dentelle, les sous-vêtements "sport" de Kristen sont tout à fait dans l'air du temps). Mais le clou du spectacle n’était pas dans le film mais dans la salle à côté de nous : une amie s'est tournée vers nous après le générique final pour nous demander d’un ton sincère "Tu crois que c’est tiré d’une histoire vraie ?". Cette belle réplique, bien meilleure que toutes celles du film, valait donc bien qu’on supporte cet Underwater concocté par un certain William Eubank, peu connu pour avoir réalisé des films sortis uniquement en DVD ou VOD. Abyss et Alien n'ont aucun souci à se faire. La relève n'est toujours pas assurée.

Underwater. En salle

Erick Grisel

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