"Un couteau dans le coeur" : Vanessa Paradis choc et toc "Un couteau dans le coeur" : Vanessa Paradis choc et toc

Cinéma

"Un couteau dans le cœur" : Vanessa Paradis dans la peau d'une productrice de films pornos par Olivier De Bruyn

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Publié le Vendredi 22 Juin 2018

Dans "Un couteau dans le cœur" de Yann Gonzalez, Vanessa Paradis incarne une productrice de films pornos enquêtant sur les crimes d’un serial killer. L’occasion d’arborer un look sexy trash qui lui va comme un gant, mais ne parvient pas à faire oublier les faiblesses du film…

La Paradis s’est fait la gueule de l’emploi… Les yeux outrageusement cernés et maquillés, la coupe de cheveux à la Daryl Hannah dans le Blade Runner, de Ridley Scott (1982), Vanessa, maigrichonne et lasse, en blouson de cuir noir ou en débardeur blanc, semble filer un très mauvais coton. Pas de suspense : c’est le cas.

Dans Un couteau dans le cœur, le nouveau film de Yann Gonzalez (auteur du très "culte" Les rencontres d’après minuit), Vanessa Paradis incarne Anne, une productrice de films pornos gays qui bosse dans le Paris de la fin des années 70. Avec ses acolytes qui semblent tout droit sortis des films hystériques d’Almodovar période movida, elle finance des fictions aux titres évocateurs : Fureur anale, De sperme et d’eau fraiche… Bientôt, les acteurs de ces films tournés au rabais sont victimes d’un serial killer qui, pour des raisons obscures, semble en vouloir aux jeunes gens qui s’agitent dans tous les sens face à la caméra. Par ailleurs alcoolique et malheureuse en amour (elle vit une idylle contrariée avec la monteuse de ses films), Anne mène l’enquête sur les meurtres.

Dans la peau blafarde d’une héroïne au bout du rouleau, sorte de poupée destroy entre les mains fétichistes du cinéaste, l'actrice se débat tant mal que bien avec une partition qui slalome entre comédie noire et thriller maniériste, outrances kitsch et surenchères gore. Grande attraction de Un couteau dans le cœur : l’arme du crime, un long couteau planqué dans un énorme godemiché qui transperce les victimes à l’heure des meurtres. Grands perdants de l’affaire : les enjeux dramatiques, qui pointent dramatiquement aux abonnés absents, et les personnages, réduits à de pures silhouettes décoratives.

Y aurait-il une malédiction pour les films français qui s’intéressent au porno ? A la rentrée, le 19 septembre, on découvrira L’amour est une fête, de Cédric Anger, une fiction qui se déroule dans le milieu du cinéma X au début des années 80. Rouflaquettes ostentatoires et cols de chemises king size, Guillaume Canet et Gilles Lellouche y incarnent deux types malsains, entourés de jeunes filles à poil, apparemment ravies d’enchaîner striptease et galipettes face à des hordes de mâles voyeurs. Le résultat, hélas, est aussi peu excitant que la série Z interprétée aujourd’hui par Vanessa Paradis. Deux mauvaises publicités pour le sexe…

Un couteau dans le cœur, de Yann Gonzalez, avec Vanessa Paradis, Nicolas Maury, Kate Moran… Sortie le 27 juin.

 

Olivier de Bruyn

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