"Triple frontière" : quand une affiche de film produit un effet comique ( involontaire !) "Triple frontière" : quand une affiche de film produit un effet comique ( involontaire !)

Cinéma

"Triple frontière" : quand une affiche de film produit un effet comique (involontaire !) par Erick Grisel

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Publié le Jeudi 21 Mars 2019

Il y a dix ans, ce genre d’affiche promotionnelle serait passée inaperçue. En 2019, cet hommage à la saine virilité américaine, avec mâchoires carrées interchangeables, fait d’autant plus sourire qu’elle est totalement fake. Du coton pour vous démaquiller les garçons ?

Combien de jours les acteurs Ben Affleck, Oscar Isaac ou Charlie Hunnam ont-ils passé dans un centre de remise en forme hollywoodien, avec coachs sportifs et régimes drastiques ( surtout pour Ben Affleck !) avant de commencer le tournage de Triple frontière, film d'action diffusé depuis le 13 mars sur Netflix ? C’est la question que l’on s’est posée en découvrant (dans le métro ce matin) cette affiche promouvant un film qui aligne les stars interchangeables: avouez donc qu’ils auraient mis Henry Cavill ou Jason Statham à la place de Charlie Hunnam ou de Garreth Hedlund que cela n’aurait fait aucune différence. C’est que la virilité à l’américaine a pris du plomb dans les biceps en pleine ère post #metoo. Et qu’elle ne sait plus désormais où et comment se positionner. On entend d'ici des mâles de la A-list grincer des dents dans les bureaux de prod d'Hollywood : "Quand même, on ne va pas tous se transformer en Timotée Chalamet !"

Reconstituons donc, sans nous tromper, les palabres entre coiffeurs et maquilleurs pendant les préparatifs de Triple Frontière: "Alors là, il faudrait un fond de teint plus soutenu pour Charlie, n’oublions pas qu’on est en Amérique du sud. ", "Pour Ben, je préconise une barbe de quinze jours. Pour Oscar, une barbe de trois jours suffira. Il faut quand même pouvoir les différencier." Notez bien les mines patibulaires de ses messieurs sur l’affiche : regard mauvais, lourd de sens, pour Oscar Isaac, rictus circonspect pour Ben Affleck. Pas question d’esquisser l’ombre d’un sourire. Et pour cause : nos lascars, en mission périlleuse en Amérique du Sud, comptent bien piller le coffre-fort d’un baron de la drogue. Oui, ce sont des criminels, mais pour la bonne cause, puisque leur victime est bien plus méchante qu’eux. Des genres de Robin des Bois, quoi ! Titillé par l’affiche, on a quand même jeté quelques coups d’œil au film lui-même. Et ces phrases prononcées par des acteurs survoltés, dotés de gilets pare-balles, ont eu raison de notre curiosité: "Est-ce qu’on peut utiliser nos compétences pour notre propre profit ?" "Après ce soir vous ne pourrez pas reprendre une vie normale!", "On peut plus faire marche arrière, les gars !" Reste alors comme ultime et saine motivation de regarder le cul des garçons s'agiter dans leur pantalons kakis. Plus inspiré avec ses précédents films A Most Violent Year et Margin Call, le réalisateur J.C Chandor a tout de même glissé un acteur chilien, Pedro Pascal, dans cette brochette de blanchots au hâle forcé. Quant aux femmes, elles sont très belles, perdues au fond du générique.

Triple Frontière, de J.C. CHandor, en ce moment sur Netflix.

Erick Grisel

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