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Cinéma

Quand Johnny Hallyday est ressuscité par une exposition et un film par Olivier De Bruyn

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Publié le Vendredi 22 Juin 2018

Quelques mois après des funérailles nationales, la star Hallyday ressuscite sur le grand écran grâce à la ressortie de ses premiers films (dont "D’où viens-tu Johnny ?") Et par le biais d’une expo parisienne. L’occasion de se souvenir qu’il fut un beau gosse et, accessoirement, un acteur.

On oublie les obsèques délirantes, les querelles d’héritage et les photos du vieux Johnny mal-en-point… Quand il avait 20 ans, Hallyday, un vrai beau mec juvénile, excitait les convoitises des producteurs de cinéma qui entendaient profiter de son triomphe musical auprès des "jeunes" pour attirer ces derniers en masse dans les salles. Après tout, Hollywood, en son temps, avait déjà exploité Elvis de la même manière en bâtissant des films prétextes où le rocker poussait la chansonnette face à la caméra. En France, "on" monte donc des projets sur le seul patronyme de "l’artiste". Cas d’école : le bien nommé D’où viens-tu Johnny ?, réalisé en 1963 par Noël Howard et qui ressort aujourd’hui dans les salles.

Dans le genre curiosité kitsch, le film se pose là… Autour de l’histoire de Johnny Rivière, un mec idéaliste passionné de rock, D’où viens-tu Johnny ? trousse une intrigue improbable où le héros affronte des malfrats et trouve du réconfort auprès de sa girlfriend, incarnée par l’inévitable Sylvie Vartan, le grand amour de Johnny à l’époque. En passant, Hallyday joue quelques chansons (dont l’inusable Pour moi, la vie commencer) et, surtout, exhibe sa belle gueule de James Dean franco-belge crédible.

Hallyday qui joue avec l’image d’Hallyday… Durant toute sa carrière au cinéma, Johnny, le regard électrique et la voix envoutante, n’aura finalement rien fait d’autre. Comme dans le nerveux thriller Point de chute, de Robert Hossein, en 1970 (qui ressort également en salles), L’aventure c’est l’aventure, de Claude Lelouch, en 1972, ou, dans les années 80, Détective, de Jean-Luc Godard et Conseil de famille, de Costa Gavras. Mais le vrai âge d’or de la star sur le grand écran débute avec le nouveau siècle. Les cinéastes pigent alors que le "mythe" Johnny est si puissamment ancré dans l’imaginaire collectif qu’il vaut mieux s’amuser avec ledit mythe dans des fictions ludiques plutôt qu’attribuer à l’acteur des rôles pseudo dramatiques où il ne parviendra jamais à faire oublier sa personnalité.

Patrice Leconte le met ainsi en scène dans la peau d’un homme énigmatique qui ressemble comme deux gouttes d’eau au "vrai" Hallyday (L’homme du train, 2002). Laurent Tuel le filme dans la peau d’un Johnny qui n’aurait pas réussi dans l’excellent Jean-Philippe, en 2006. En toute logique, dans ses deux dernières apparitions en 2017, Hallyday interprète cette fois littéralement son propre rôle : dans Rock’n’roll de Guillaume Canet, une comédie délirante sur l’ego des stars, et dans Chacun sa vie de Lelouch où il incarne à la fois Johnny et… l’un de ses sosies. Sur la fin, Johnny H. était assurément moins beau qu’à ses débuts, mais son humour assurait la qualité du spectacle.

L'exposition Johnny, du 9 octobre au 13 janvier 2019 à la Galerie Joseph, 116 rue de Turenne à Paris

 

Olivier De Bruyn

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