"Rebelles": un trio féminin qui nous la coupe ! "Rebelles": un trio féminin qui nous la coupe !

Cinéma

"Rebelles": un trio féminin qui nous la coupe ! par Erick Grisel

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Publié le Mercredi 13 Mars 2019

... la respiration, on veut dire ! Dans le film, c'est autre chose... En plus d'être une bonne comédie, "Rebelles" d'Allan Mauduit, questionne l’ordre social: quand les hommes imposent leur loi, il n'y a d'autre choix que de se montrer radicale.

Ah, ça se passe donc comme ça dans une conserverie de poisson ? C’est déjà le premier intérêt de "Rebelles", d’Allan Mauduit: voir comment on bosse dans une fabrique de boîtes de sardines et de maquereaux. Nadine et Marilyne y travaillent à la chaîne, bientôt rejointes par Sandra, une ancienne miss, vaguement célèbre dans sa région du nord Pas-de-Calais, que les coups de poings de son ex ont ramené à une amère réalité. Quand Jean-Mi, le contremaître de l’usine tente d’abuser d’elle dans les vestiaires, c’en est trop : en se défendant comme une tigresse, Sandra lui coupe littéralement le zguègue, lequel devient un pauvre appendice gigoteur filmé en gros plan. Oui, il y a du gore dans "Rebelles". Mais un gore joyeux et libérateur. "Jean-Mi ou un maquereau, c’est pareil !" constate à un moment Marilyne. Et on veut bien la croire. Car l’odieux Jean-Mi est transformé en conserve, laissant derrière lui un sac rempli de biftons dont vont s’emparer les copines sans savoir que l’argent était destiné à des malfrats. Poursuivies par ces derniers, peu enclins à la magnanimité, les trois amies vont-elles rester solidaires dans l’adversité ?

Avec sa série "Kaboul Kitchen" et son mélange de situations réalistes et loufoques, Allan Mauduit ne nous avait que moyennement convaincus. Avec "Rebelles", il y parvient tout à fait. C’est que le réalisateur a le sens du tempo. Que dans le cadre plus restreint d’un long métrage, violence et absurdité font davantage bon ménage. Et que ses trois actrices dégagent une énergie jubilatoire. Nadine, Marilyne et Sandra encaissent les coups, mais elles ont du répondant. On ne se lasse pas du phrasé décalé de Yolande Moreau et de ses airs de pierrot lunaire. En punkette de province à l’instinct maternel vacillant, Audrey Lamy est plus électrique que jamais. Et Cécile de France, étonnante en piche blessée, élargit une fois de plus sa palette d’actrice. On les rejoindrait bien dans la castagne générale.

Rebelles, d’Allan Mauduit, sortie le 13 mars

Erick Grisel

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