"Pupille" : un film à adopter sans hésiter. "Pupille" : un film à adopter sans hésiter.

Cinéma

"Pupille": un film à adopter sans hésiter

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

6 minutes

Publié le Mercredi 5 Décembre 2018

Miracle ! En mettant en scène une histoire d’adoption, Jeanne Herry nous épargne les clichés et le sentimentalisme liés au sujet. Et le trio d’acteurs - Elodie Bouchez, Sandrine Kiberlain et Gilles Lellouche – contribue beaucoup à la réussite de son film.

Un bébé mignon, forcément mignon, abandonné à la naissance par sa mère biologique et une quadra au bout du rouleau qui, depuis dix ans, se bat pour pouvoir adopter un gamin… Ces deux personnages en quête d’amour et de famille seront-ils réunis à la fin de l’histoire ? Ou pas ? Avec un tel programme scénaristique et de tels personnages désemparés, beaucoup de cinéastes n’auraient pas lésiné sur les effets sirupeux et les trémolos sur le "mal de mère", avec en fond sonore, une overdose de mélodies déchirantes. Bonne nouvelle : dans Pupille, Jeanne Herry, déjà auteure en 2014 du stimulant Elle l’adore (l’histoire d’une relation tordue entre un chanteur populaire et l’une de ses fans barjots), évite avec élégance tous les pièges inhérents au sujet.

Inspirée du point A au point Z de sa fiction, la cinéaste fait une chasse impitoyable au pathos et nous entraîne dans un double récit qui nous emballe et nous touche. D’un côté, Alice, une fille de 41 ans, obsédée par le désir de devenir maman, et dont, au gré de flashbacks habilement troussés, on suit le parcours de combattante dans sa vie intime agitée et dans ses expériences contrastées auprès des services sociaux qui gèrent les adoptions. De l’autre, les membres desdits services sociaux, en premier lieu Karine, une femme qui planque son mal-être derrière un humour de façade, et Jean, un type bougon jusqu’alors habitué à s’occuper d’ados en déroute et qui se retrouve contraint de changer les couches du nourrisson.

Avec ces trois personnages qui entrecroisent leur destin en Bretagne, Jeanne Herry bâtit un récit paradoxal qui relève à la fois du quasi documentaire (on en apprend beaucoup sur les procédures d’adoption) et de l’ultra romanesque en mettant en scène les états d’âme du trio fragile. Emouvant et puissant, cocasse et subtil, Pupille confirme l’inspiration singulière de la réalisatrice qui, de surcroît, ne s’est pas trompé en choisissant son trio d’acteurs. Elodie Bouchez (Alice), frémissante, Sandrine Kiberlain (Karine), faussement légère, et Gilles Lellouche (Jean), 100% crédible en éducateur ronchon, incarnent leur personnage respectif avec une conviction séduisante et contribuent à la réussite de ce film qui ignore la niaiserie et les facilités.

Pupille, de Jeanne Herry, avec Elodie Bouchez, Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche... Sortie le 5 décembre 2018.

Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptés à vos centres d’intérêts, dans le respect de notre politique de confidentialité. Cliquez ici pour en savoir plus