"Proxima" : un film qui nous fait complètement décoller "Proxima" : un film qui nous fait complètement décoller

Cinéma

"Proxima" : un film qui nous fait complètement décoller par Erick Grisel

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Publié le Mardi 26 Novembre 2019

Une astronaute française s’apprête à quitter à la fois la terre et sa fille de neuf ans. Va-t-elle parvenir au bout de ces deux missions périlleuses ? La réponse se trouve dans "Proxima", film émouvant et haletant qui offre à Eva Green l’un des plus beaux rôles de sa carrière. Hou la la, ça sent le césar !

Attachez vos ceintures ! Car même si Proxima ne nous transporte pas en milieu interstellaire, tels Gravity, First Man ou Ad Astra, il nous fait autant vibrer que ces trois derniers films.  Grâce à un atout de taille : la réalisatrice Alice Winocour a eu la permission de tourner dans des lieux jusqu’alors interdit au cinéma, le centre d’entraînement de Cologne, base de l’Agence spaciale européenne, la ville fermée de Star City près de Moscou et le Cosmodrome de Baïkonour, avec appartements désuets et matériel ultra perfectionné, où sont réunis les astronautes du monde entier. Le personnage de Sarah, incarné par Eva Green, fait partie de ceux-là. Une française envoyée dans l’espace en même temps qu’un Russe et un Américain ? Depuis le vol de Claudie Haigneré à bord de la station Mir en 1996, on sait que cette situation n’est pas impossible. Et Eva Green, à l’allure d’une guerrière moderne, parvient tout à fait à nous faire croire qu’elle s’embarque à son tour pour cette folle aventure humaine. Il lui suffit même de prononcer deux mots pour nous convaincre : "Je pars !" dit-elle avec une exaltation à peine contenue à son ex-mari à qui elle confie la garde de leur petite fille de neuf ans, Stella, pendant les trois semaines d’entraînement précédant le décollage de la fusée.

On souffre et on prend fait et cause pour Sarah, non seulement lors de ses entraînements dingues qui ressemblent à des séances de torture. Mais aussi lorsqu’elle doit se séparer de sa fille (merveilleuse petite Zélie Boulant-Lemeslé, aussi attachante qu’agaçante) qui exige de sa mère de tenir sa promesse : lui faire voire « en vrai » la fusée dans laquelle elle doit monter. Un homme aurait-il pu traiter avec une telle justesse le désarroi d’une femme déchirée entre son extraordinaire mission et son rôle de mère ? Et aussi l’amitié sincère et dénuée d’ambiguïté entre la française et ses comparses américains et russe (excellents Matt Dillon et  Alexsey Fateev) Certainement pas ! Dans la salle de projection, à côté de nous, un journaliste soupirait lourdement sans doute pour signifier que cette montée dans l’espace était trop empreinte de psychologie. Pourtant de l’action, il y en a dans le film. Et l’on s’accroche à son siège quand la fusée décolle enfin. Avec à son bord Sarah ? Ah ça, on ne vous le dira pas ! Ce que l’on peut vous dire, en revanche, c’est que le chemin vers les étoiles entamé par Eva Green devrait s’achever par une pluie de récompenses.

Proxima, d’Alice Winocour, sortie le 27 novembre

Erick Grisel

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