Pourquoi le cinéma adore les rousses ? Pourquoi le cinéma adore les rousses ?

Cinéma

Pourquoi le cinéma adore les rousses ? par Erick Grisel

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Après Laetitia Dosch dans Jeune femme et Jessy Buckley dans "Jersey affair", une nouvelle actrice rousse crève l’écran : Emily Beecham. Dans "Daphné", de Peter Mackie Burns, elle est aussi revêche qu’émouvante. Mais qu’est-ce qu’elles ont de plus que les autres, ces héroïnes tout feu tout flamme ?

Elles sont singulières, décalées…
Les clichés ont la peau dure. Et les réalisateurs et scénaristes sont bien au courant que les roux constituent seulement 4 % de la population européenne (13 % en Ecosse). Ce qui en fait pour le cinéma des êtres à part, hors du commun, passablement déjantés et donc dignes d’être suivis par une caméra. Dans Daphné, l’héroïne, cuisinière dans un petit resto de quartier, tient tête à son entourage qui aimerait bien la voir rentrer dans le rang (= arrêter de sortir, de picoler et se trouver un mec bien). Surtout sa mère qui lorsque Daphné lui reproche de passer toujours chez elle sans prévenir lui, répond : "Je passe à l’improviste car je ne sais jamais si je vais te trouver suicidée ou pas." C’est le terrible destin de la rousse à l’écran : elle inquiète, fascine, intrigue son entourage qui ne sait jamais sur quel pied danser avec elle et lui prête des intentions mortifères. Dans le thriller récent Jersey Affair, toute la famille surveille Moll comme du lait sur le feu de peur qu’elle bascule d’un moment à l’autre dans la violence. Quoiqu’elle fasse, on ne lui fout jamais la paix, à la fille rousse, sa chevelure de feu la plaçant d’emblée dans le collimateur de tous ceux qu’elle croise.

Elles sont autonomes, indépendantes
Pourquoi les héroïnes de la saga Jurassic Park, incarnées par Julianne Moore ou Bryce Dallas Howard, sont-elles rousses ? Parce qu’elles sont paléontologues, scientifiques, à la tête d’une équipe majoritairement masculine. Parce qu’elles prennent des risques, des initiatives, bref ce sont des femmes exceptionnelles. Dans Daphné, l’héroïne habite seule dans son appart, elle se promène seule la nuit dans les rues de Londres, ce qui lui vaut d’assister un jour à une agression qui va lui faire perdre ses repères. Vous le remarquerez : les rousses payent toujours cher leur indépendance à l’écran. Dans Le Grand Jeu, la rousse Jessica Chastain est battue et défigurée. Dans Miss Sloane, tous les moyens sont bons pour mettre à terre le personnage qu’elle incarne : une avocate qui se bat contre le lobby des armes. Mais elle est survit à tout, la rousse. Incorrigible, increvable, indestructible. Dans La la Land, la comédie musicale de Damien Chazelle, Emma Stone joue une actrice éjectée de tous les castings, et qui finit par rencontrer la gloire, non sans avoir rencontré maints obstacles sur son chemin. A elle seule, la fille rousse est la représentation en chair pâle et en taches de sons de la phrase de Nietzsche "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort."

Elles sont sensuelles
Ah, la supposée hypersexualité des rousses ! Emile Zola l’avait même écrit dans son roman, Nana où le personnage principal, une courtisane, a les cheveux de feu et la cuisse légère "Elle est lubrique, sentant le fauve…". Deux siècles plus tard, même constat, cette fois ci au cinéma. Dans C’est qui cette fille, film qui porte bien son titre (et sortira en juillet) l’héroïne jouée par Lindsay Burdge se consume de désir pour un barman qui l’a ramenée chez lui une nuit et se souvient à peine d’elle quelques jours plus tard. Au sommet de sa démence (ou de sa dépression, c’est selon), cette hôtesse de l’air se coiffe d’une perruque rousse pour aller toquer à la porte de son ex-amant et le supplier de lui ouvrir. Dans Daphné, ce sont deux symboles sexuels de l’imaginaire collectif qui se rencontrent : l’homme noir et la femme rousse. Un videur qui doit éjecter la jeune cuisinière du club où il travaille parce qu’elle est ivre morte. Mais le réalisateur Peter Mackie Burn est un finaud, échafaudant entre ses deux personnages une relation plus complexe et intéressante que ne laisserait supposer leurs deux stéréotypes.

Elles prennent la lumière comme personne
Qui dit "rousse", dit "peau diaphane", et "pommettes saillantes". Ce que la caméra adore plus que tout. Dans les rues grises de Londres, les cheveux de feu de Daphné ressortent divinement. Tout comme ceux de l’actrice Bryce Dallas Howard dans la verdure préhistorique de Jurassic World 2, le dernier opus tant attendu de la saga. Sur le très drôle et décalé site français Marie-Frange, consacré aux cheveux, l’historienne Anne de Marhac explique que les peintres préraphaélites adoraient prendre des modèles roux, "parce qu’elles étaient douces, mystérieuses, rêveuses." Au cinéma, comme en peinture ou en littérature, la rousse invite à l’aventure et au romanesque. Ah, un dernier détail, relevé cette fois-ci dans l’univers de la musique. A l’époque des Spice Girls, qui fut la première à s’échapper du groupe pour prendre son envol en solo, suscitant ainsi la controverse ? La rousse Geri Halliwell bien sûr. Incorrigible, on vous dit !

Daphné, de Peter Mackie Burns, sortie le 3 mai 2018
C’est qui cette fille, de Nathan Silver, sortie le 11 juillet 2018
Jurassic World 2, de Juan Antonio Bayona, sortie le 6 juin 2018

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Mme M.

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