Pourquoi la critique de cinéma est réservée aux hommes... Pourquoi la critique de cinéma est réservée aux hommes...

Cinéma

Étude : malgré des efforts, le monde des critiques ciné reste dominé par les hommes par Antoine Ferreira-Mendes

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Publié le Mardi 21 Mai 2019

Globalement, le cinéma est un secteur où la place de la femme est encore négligée. On se targue de progressisme dans les scénarii, mais côté production l’égalité n’est encore qu’une timide volonté. Et lorsqu’il s’agit de faire la critique des films, une étude démontre que l’œil masculin prévaut souvent.

Disparités salariales, sous-représentation des femmes à l’écran et derrière les caméras… Pour les femmes, le cinéma reste un milieu très codifié dominé par les hommes. Et lorsqu’il s’agit de la critique cinéma, même topo, cet exercice est en grande partie réalisé par des hommes, comme si le 7ème art était réservé à la gent masculine. Selon une étude menée par le collectif 50/50 pour 2020, créé en 2018 par l’association Deuxième regard après l'affaire Weinstein et publiée dimanche 19 mai 2019 sur leur site, la critique cinéma est majoritairement masculine.

Un constat que ne dément pas Erick, notre journaliste culture : " Dans les salles de projections de presse, il y a une grande majorité d'hommes à têtes blanches. Sauf quand la thématique du film est très féminine. Par exemple, j'ai vu récemment Dirty God, un beau film indé réalisé par une femme, qui raconte la convalescence et la renaissance d'une anglaise défigurée à l'acide par son ex. Il n'y avait que cinq personnes lors de cette projo de presse : quatre femmes et moi ! ". Entre mai 2018 et avril 2019, sur les 611 journalistes ayant rédigé au moins une critique, seulement 37% sont des femmes. Ces chiffres sont d'autant plus étonnants que la profession de journaliste s'efforce de devenir paritaire : aujourd'hui 47% des cartes de presse sont détenues par des femmes. L’étude s’est ensuite intéressée à la presse spécialisée et les chiffres font froid dans le dos  : 25% des critiques de magazines cinéma sont réalisées par des femmes.

Cette sous-représentation des femmes critiques de cinéma n’est finalement que le reflet d’une production elle aussi à dominante masculine. Cette année, alors que le Festival de Cannes bat son plein, le déséquilibre persiste avec seulement quatre réalisatrices pour vingt et un films en compétition pour la Palme d’Or. C'est mieux que les années précédentes. Mais ce n'est pas encore assez. N’y a-t-il pas de spectatrices ? Ou même, de lectrices ? Producteurs et critiques connaissent pourtant la réponse : ce sont majoritairement des femmes qui se déplacent en salle.

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