"Portrait de la jeune fille en feu" : un film chaud et… froid. "Portrait de la jeune fille en feu" : un film chaud et… froid.

Cinéma

"Portrait de la jeune fille en feu" : un film chaud et… froid. par Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

3 minutes

Publié le Mercredi 18 Septembre 2019

Dans son nouveau film, incarné par Noémie Merlant et Adèle Haenel, Céline Sciamma met en scène les relations brûlantes entre une jeune femme peintre et son modèle. Résultat : une fiction passionnante... mais un peu frustrante.

Depuis ses débuts, Céline Sciamma ne dévie pas de sa ligne. Une ligne exigeante et résolument féministe. Après avoir expertisé les états d’âme de l’adolescence (Naissance des pieuvres), sondé l’identité sexuelle dans tous ses états (Tomboy) et mis en scène des girls de banlieue en furie (Bande de filles), la cinéaste s’essaie aujourd’hui pour la première fois au film historique en costumes tout en restant fidèle à ses belles obsessions.

Dans Portrait de la jeune fille en feu, la réalisatrice met en scène, sur fond de 18ème siècle, une femme peintre, Marianne qui doit réaliser le portrait de mariage d’une autre jeune fille. Elle, c’est Héloïse, une héroïne qui vient de sortir du couvent et qui, sur ordre de sa famille, doit convoler en "justes" noces avec un noble italien qu’elle n’a jamais vu de sa vie. Dotée d’un caractère en acier trempé, Héloïse s’oppose de toutes ses forces à ce mariage arrangé. Et entame avec Marianne une relation amoureuse qui dynamite les carcans de l’époque.

L’émancipation contrariée d’une jeune femme de la bourgeoisie et les désirs en pagaille d’une artiste qui se débat dans un univers marqué au fer rouge par le machisme … Dans son nouveau film, Céline Sciamma suit à la trace deux héroïnes qui, tant mal que bien, tentent d’échapper aux carcans liberticides de leur époque. Comme dans ses fictions précédentes, la cinéaste, dans Portrait de la jeune fille en feu, mitonne un scénario captivant et, avec un art consommé du dosage, parvient à intéresser du premier au dernier plan avec cette histoire de deux combattantes qui étouffent dans un contexte qui n’autorise aucune "déviance".

Malgré ses nombreux atouts et l’interprétation convaincante du duo Noémie Merlant/Adèle Haenel, le film suscite néanmoins un «je-ne-sais-quoi" de frustrant. En cause : la mise en scène qui peine à rendre compte de la passion et de la sensualité qui habitent les deux héroïnes. Du coup, en sortant de la salle, on est admiratif, mais pas complètement conquis. Et l’on se dit que ce Portrait de la jeune fille en feu est "juste" un bon film, alors qu’il aurait pu (dû) être bien plus que cela.

Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma, avec Noémie Merlant, Adèle Haenel… Sortie le 18 septembre.

 

Olivier De Bruyn

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires