"Phantom Thread ": Pourquoi Daniel Day-Lewis  mérite (encore) l'Oscar.

Cinéma

"Phantom Thread": Pourquoi Daniel Day-Lewis mérite (encore) l'Oscar

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Publié le Lundi 12 Février 2018

Fidèle à lui-même, l’acteur britannique subjugue dans "Phantom Thread", un film vénéneux signé Paul Thomas Anderson. Son rôle de couturier névrosé pourrait lui permettre de décrocher un quatrième Oscar le 4 mars. Voici pourquoi il mérite d’agrandir sa collection.

1. Parce que c’est un beau cadeau de retraite.

En juin dernier, au grand désespoir de ses fans, Daniel Day-Lewis, 60 ans, a annoncé qu’il prenait sa retraite et que Phantom Thread, la nouvelle pépite de Paul Thomas Anderson, serait son dernier film. Si Daniel dit vrai (ce qu’on n’espère pas), il tirera sa révérence sur un coup de maître. Dans la peau de Reynolds Woodcock, un couturier londonien des années 50 qui habille les grands de ce monde, l’acteur incarne son personnage siphonné avec une conviction et une intensité qui font peur. Joliment peur… Si les votants de la cérémonie des Oscars sont des êtres censés, ils savent ce qu’ils leur reste à faire : offrir un quatrième prix du meilleur acteur à Daniel. Sa cheminée sera contente et nous aussi.

2. Parce que personne ne joue comme lui.

Un premier Oscar pour My Left foot, de Jim Sheridan où il campait un peintre handicapé. Un second pour There will be blood, de Paul Thomas Anderson où il interprétait un prospecteur de pétrole psychopathe. Un troisième pour Lincoln, de Steven Spielberg où il incarnait le grand homme dans ses derniers mois… Tout au long de sa carrière, Daniel a changé de peau avec une déconcertante maestria. Aussi à l’aise dans le blouson en cuir d’un prolo homo des années 80 (My Beautiful Laundrette, de Stephen Frears) que dans le costume d’un aristo new yorkais du 19ème (Le temps de l’innocence, de Martin Scorsese), l’homme excelle comme personne dans le registre fiévreux et venimeux. Confirmation avec Phantom Thread où, sous les traits d’un couturier monomaniaque, il rappelle que les personnages torturés n’ont pas de secrets pour lui.

3. Parce qu’il est dingue.

L’obsession, Daniel sait ce que c’est. Acteur ultra sélectif (20 films en 35 ans de carrière), Day Lewis, adepte de la méthode de l’Actors studio, n’a jamais plaisanté avec ses rôles. Soucieux de rentrer dans la tête et le corps de ses personnages, le comédien s’astreint à des préparations azimutées pour les besoins de ses métamorphoses. Après s’être pété plusieurs côtes sur My Left Foot (il refusait de quitter son fauteuil d’handicapé pendant le tournage) et après avoir exigé d’être appelé « Mr le Président » sur le plateau de Lincoln, Daniel était capable de coudre himself un costume après l’aventure de Phantom Thread. Cette exigence folle se ressent au détour de chaque plan du film. Elle va sacrément nous manquer.

Olivier De Bruyn

Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson, avec Daniel Day- Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville …


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