"Perdrix" : la comédie la plus originale de l'été "Perdrix" : la comédie la plus originale de l'été

Cinéma

"Perdrix" : la comédie la plus originale de l'été par Olivier De Bruyn

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Publié le Mercredi 14 Août 2019

Une réussite que cette histoire d’amour farfelue entre un flic des Vosges et une héroïne envahissante. Et un excellent moyen d’oublier la perspective barbante de la rentrée.

Au cœur de l’été, prenons le frais direction… les Vosges avec ses forêts profondes, ses bleds désertiques, son ambiance anxiogène qui rappelle parfois, façon franchouillarde, l’atmosphère des films de David Lynch. Le programme vous fait peur ? Vous avez tort. C’est en ces lieux à priori peu attractifs qu’un cinéaste débutant, Erwan Le Duc, situe l’action fantaisiste de son premier film, Perdrix, une des plus belles surprises offertes ces derniers mois par le cinéma français.

Dans une petite ville assoupie où il ne se passe jamais rien, ou si peu, le cinéaste met en scène le flic le plus stupéfiant du moment : Pierre Perdrix. Lunaire et mutique, le policier bosse dans un commissariat où, tout comme ses collègues, il s’ennuie ferme. Mis à part les agissements étranges d’une bande de nudistes fâchés contre l’ordre social, le Vosgien Perdrix n’a rien à faire de ses journées et de ses soirées. Rien à part composer avec sa famille dysfonctionnelle. Sa mère siphonnée qui, chaque nuit, anime une émission psy sur une radio locale qu’elle est la seule à écouter. Son frère obsessionnel qui élève en solo sa gamine et voue une passion inquiétante aux insectes. La vie de Perdrix pourrait continuer à s’écouler immuablement tel un robinet d’eau tiède. Oui mais voilà : un jour, une jeune fille incontrôlable, Juliette Webb, déboule dans les parages. Victime du vol de sa bagnole (un coup fomenté par les nudistes), Juliette porte plainte au commissariat de Perdrix. Entre l’héroïne volcanique et le flic atone, une sorte de coup de foudre impose ses lois anarchiques. Mais il faudra du temps au deux héros mal-en-point pour s’apercevoir que la vie mérite d’être vécue autrement.

Une comédie surréaliste, une romance maboule, une farce inclassable… Dans Perdrix, Erwan Le Duc, aux antipodes des fictions formatées, emprunte les chemins de traverse et met en scène ses personnages de doux dingues avec un humour et une délicatesse qui, bonne nouvelle, ne ressemblent à rien de connu dans le paysage du cinéma. Marginaux en panne de sens dans leur vie, Juliette (Maud Wyler, épatante) et Pierre (Swann Arlaud, épatant itou) apprennent peu à peu à se connaître, à briser les chaînes qui les emprisonnent et à s’aimer sans s’autocensurer. Une émancipation nécessaire et drolatique (Erwan Le Duc déteste de toute évidence l’esprit de sérieux) qui fait franchement plaisir à voir. Apprivoisez Perdrix, ce drôle d’oiseau le mérite...

 

Perdrix, de Erwan Le Duc, avec Swann Arlaud, Maud Wyler, Fanny Ardant… Sortie le 14 août.

Olivier De Bruyn

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