"Parasite", la palme d’or qui tue ! "Parasite", la palme d’or qui tue !

Cinéma

"Parasite", la palme d’or qui tue par Olivier De Bruyn

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Publié le Vendredi 7 Juin 2019

Honoré par une palme au Festival de Cannes au nez et à la barbe des favoris (Tarantino, Dolan et tutti quanti), le cinéaste coréen Bong Joon-ho n’a pas volé sa victoire. Son film décapant sort en salles et s’impose parmi les meilleurs de l’année. On applaudit.

Plus secouant, tu meurs… Dans Parasite, le film qui a emballé le dernier Festival de Cannes et est reparti de la Croisette avec une palme d’or cent fois méritée, le Coréen Bong Joon-ho, jusqu’alors connu pour ses films de genre stylés (Memories of Murder, The Host), prend le spectateur par surprise et ne lâche pas pendant deux heures qui passent à la vitesse de l’éclair. Dans ce film sidérant, le Coréen agité réussit à la fois à concocter un "pur" suspense qui tient en haleine de bout en bout et à décrire notre monde déraisonnable sans jamais sombrer dans la démonstration édifiante.

Dans le diabolique Parasite, le cinéaste met en scène les Ki-taek, une famille de chômeurs qui s’entasse dans un logement en sous-sol insalubre dans lequel personne ne souhaiterait habiter. Malins à l’extrême et dépourvus de mauvaise conscience, les Ki-taek, pour échapper à la misère, piétinent avec allégresse les lois, la morale, et, dans un univers social déliquescent où tous les coups sont permis, ils arnaquent leurs contemporains pour amasser le pognon nécessaire à leur survie.

Bientôt, les redoutables Ki-taek passent à la vitesse supérieure et parviennent, en cachant leurs liens de parenté, à se faire engager au service d’une famille de riches : les Park, qui, dans leur immense propriété, arborent les signes extérieurs de richesse avec une ostentation grotesque. La manipulation exercée par les Ki-taek à l’encontre de leurs détestables patrons donnera lieu à de multiples rebondissements dont il convient évidemment de ne rien dire.

Qui parasite qui ? Les inégalités sociales peuvent-elles susciter le pire ? Entre suspense haletant et fable politique sardonique,  Bong Joon-ho, avec Parasite, signe un film noir qui sidère par son intelligence et par son efficacité dramatique. Un film où il examine avec un humour glaçant la violence des rapports de classes et l’exploitation de l’homme par l’homme et de la femme par la femme. Une exploitation qui impose ses lois désolantes en Corée comme ailleurs…

Scénarisé et mis en scène avec une maestria qui ridiculise l’immense majorité des fictions et séries visibles sur les écrans, ce film envoûtant s’impose comme l’une des meilleures palmes d’or de la dernière décennie. Et comme un événement majeur dans le défilé des sorties hebdomadaires. Comme on dit dans ces cas-là - mais, pour une fois, c’est vraiment vrai - ce film-là ne doit être raté sous aucun prétexte. Laissez-vous parasiter, vous ne le regretterez pas.
Parasite, de Bong Joon-ho, avec Song Kang-Ho, Sun-kyun Lee… En salle.

Olivier De Bruyn

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